Journal de la Femme à Abattre



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Paris, octobre 2018

Mercredi 3: J'ai trouvé la solution à mon problème de tricot. Je ne voulais pas m'y résoudre, espérant pouvoir y échapper, mais c'était la solution qui s'imposait car la plus simple: je devais détricoter la manche terminée jusqu'à ce que je puisse faire les deux manches identiques, et faire le haut de la manche tout en rouge. Et c'est ce que j'ai fait depuis le début du mois. Maintenant les quatre pièces du cardigan sont terminées, il n'y a plus qu'à les repasser, les assembler et tricoter la bordure avec soit des boutonnières (auquel cas il faut décider si on fait le vêtement pour homme ou pour femme) soit une fermeture éclair qui a moins de classe. Donc il me reste encore beaucoup de travail à faire, et c'est le plus délicat.

Depuis environ un mois sinon plus (en fait depuis 2008) de l'eau s'égoutte du plafond au-dessus du w.c. Des plâtres saturés d'eau sont tombés au sol plusieurs fois. J'en ai ramassé plusieurs pelletées, et j'ai aussi gratté pour déloger ce qui menaçait de tomber. Dans le passé je montais à l'étage au-dessus et frappais à la porte du voisin. Chaque fois un homme asiatique ivre m'ouvrait et il ne comprenait rien à ce que je lui disais. Comment font-ils pour créer un tel écoulement qui m'a ruiné le plafond et les murs?

Vendredi 12: Ces derniers jours j'ai fait un gâteau au citron, puis un au chocolat assez réussi, du gros nettoyage sous et derrière la commode dans ma chambre et à l'intérieur de la penderie car les souris aiment ces endroits. J'ai découvert un trou par lequel elles entraient dans l'appartement alors je l'ai bouché en mettant dessus une boîte de conserve plate (de filets de poisson) et par-dessus une bouteille en verre remplie d'eau. Le métal et le poids ne permettront pas aux souris de passer même si elles agrandissent le trou.

J'ai pressé à la vapeur puis cousu les différentes pièces de mon cardigan tricoté. Il faut commencer par le plus difficile, les coutures d'épaule et les emmanchures, continuer avec les coutures des manches qui sont moyennement difficiles, et terminer avec le plus facile, les coutures de côté. Cela demande de la concentration surtout quand on n'a pas l'habitude. Mais cette phase du travail est importante et mérite d'être exécutée à la perfection pour que le résultat final soit acceptable. Ensuite je n'aurai plus qu'à tricoter la bande autour de l'encolure et la bande de boutonnage, et coudre les boutons!

Mardi 16: Les nuits rallongent, à 8H du matin le jour se lève à peine mais je me lève vers 6H ou 6H30 malgré l'obscurité. Il faisait 20° quand je me suis levée. Cette chaleur m'a causé des troubles du sommeil car je m'attendais à avoir besoin d'une couverture et j'avais trop chaud mais je n'ai pas compris tout de suite la cause de mon insomnie. J'ai finalement compris qu'un drap me suffisait, et encore, il fallait garder la fenêtre ouverte.

Je suis en train de préparer une série de cinq bocaux de ratatouille car le prix de légumes a encore baissé, les courgettes étaient à moins d'un euro le kilo. J'avais repéré ce prix la veille mais à l'heure de mon passage il était trop tard dans l'après-midi et les meilleures étaient parties, il ne restait que les grosses qui avaient des pépins. J'y suis donc retournée le lendemain et c'est au marché dimanche dernier que j'ai trouvé le reste, les aubergines et poivrons à des prix intéressants mais je me demande si ces légumes importés du Maroc ne sont pas traités avec des produits chimiques, étant donné que les normes sanitaires là-bas ne sont pas aussi strictes qu'en Europe.

J'ai fait cuire les tranches d'aubergines à la vapeur mais ce n'est pas une bonne idée à moins qu'on veuille de la purée. Si on veut que les morceaux se tiennent il faut les couper en gros dés ou enrober chaque tranche de farine avant de la faire frire.

J'avais un reste de pommes de terre à l'eau, et comme j'avais fait cuire quelques gousses d'ail non-épluchées avec, l'eau était parfumée et j'ai voulu l'utiliser pour une soupe. Ayant écrasé les pdt j'ai fait chauffer l'eau de cuisson avec la purée, puis j'ai ajouté des vermicelles, des épinards hachés fin que j'avais mis en conserve il y a plusieurs années, du fromage râpé, de la muscade en poudre et juste avant de servir, un oeuf battu versé petit à petit dans le liquide bouillant comme la soupe chinoise dite egg-drop soup aux USA.

Hier j'ai fait un pudding de pain rassis pour ne pas jeter deux grands quignons de pain complet. Je les ai mis à tremper la veille dans un litre de lait entier sucré avec du sucre vanillé-maison, et au matin tout étant bien imprégné j'ai enlevé à la main l'excès de croûte et réduit en panade les morceaux de pain avec le tranchant d'une spatule en bois. J'ai battu séparément quatre gros oeufs avec 1 dl de crème épaisse, et mélangé tout ça au pain, puis mis la préparation dans un plat en Pyrex rond et assez profond qui avait juste la bonne taille. Ayant préchauffé le mélange dans la cocotte en fonte où avait trempé le pain, le pudding était cuit à point après une heure dans le four à 200°. Je suis assez fière d'avoir improvisé cette recette, ainsi que celle de la soupe aux épinards, et si bien réussi les deux.

Je me suis renseignée auprès des propriétaires de terrains mis en vente sur le Bon Coin. Un terrain de 7.000m² pour 13.500€ à Livry/Bas de Riousse juste à l'est de la rivière Allier, au sud de Nevers, m'avait intéressée par son prix bas mais il n'y a pas de miracle. Malgré ce que dit le vendeur ce terrain est inondable. Un fossé passe devant le terrain et une portion du quadrilatère dans le coin nrd-est a l'air d'être une source qui ne fait pas partie de la propriété, et je suspecte qu'en temps de pluie il y a des débordements du fossé. Si le terrain était sain pour l'habitation, comment se fait-il qu'il n'a jamais été construit alors qu'à sa droite, sa gauche et en face il y ait des habitations? De plus l'accès au terrain n'est pas marqué. Le terrain est bordé d'une haie sauvage qui longe le fossé et la route. Il faudrait créer un accès en canalisant l'eau du fossé et en créant une sorte de pont. Il faudrait que la municipalité approfondisse le fossé mais il ne faut pas compter sur les mairies des villages ruraux pour faire des travaux à brève échéance.

D'autres vendeurs offrent des terrains en partie constructibles, où celle-ci est trop grande (par exemple 5.000m²) ce qui fait que même à 5€/m² constructible et le reste à 1€, le prix de l'hectare reste trop élevé, 30K € alors qu'un agriculteur peut construire sa maison sur un terrain agricole sans que le terrain soit classé constructible. J'ai remarqué que plusieurs terrains à vendre sont situés à une intersection, ils sont donc bordés sur deux côtés par une route et ce n'est pas une situation très désirable.

Jeudi 18: Levée à 6H ce matin, j'ai fait du ménage et préparé un gâteau au citron. Je l'ai enfourné à 7H45 et il est en train de cuire maintenant.

J'ai enfin compris la cause de mes irritations épidermiques: car avant-hier Mr Beloiseau a souhaité passer un moment chez moi, je l'ai donc emmené dans ma chambre où je m'affairais sur internet allongée sur le côté, tandis que sur mon épaule il faisait sa toilette. Il est resté plus d'une heure, très tranquille, et c'est moi qui me suis levée par nécessité. Il n'a pas voulu sortir par la fenêtre côté rue, et je lui ai ouvert la fenêtre de la cuisine. Et c'est ce soir-là que j'ai éprouvé des démangeaisons, et ainsi j'ai fait le rapport entre la toilette du pigeon et mes démangeaisons. Car bien sûr s'il s'enlève des parasites qui le gênent tandis qu'il se tient debout sur mon épaule, les bestioles tombent sur moi ou sur mon oreiller ou mon lit ouvert. Maintenant que j'ai compris la cause de mon tourment je vais pouvoir y remédier.

Hier j'ai tricoté le col du cardigan. C'est juste une bande de côtes, et pour l'arrêter j'ai eu recours à une technique avancée qui est bien adaptée à l'encolure à cause de la visibilité et la proximité du visage. J'ai eu du mal à bien démarrer et j'ai défait plusieurs fois les premiers points car on ne peut pas se permettre de l'à-peu-près au milieu-devant du cou. Il m'a suffi de faire une pause, manger quelque chose, faire un peu de rangement, et une fois que je m'y suis remise tout est allé sans problème. Maintenant je dois tricoter deux bandes étroites pour y fixer une fermeture éclair car je ne veux pas me lancer dans la confection de boutonnières et d'ailleurs les boutons en cuir que j'avais commandés ne sont pas arrivés.

Il est 8H45 et je viens de sortir le gâteau du four. Il est réussi. Je pense à mes frères et soeurs chaque fois que je fais un gâteau car quand nous vivions à la Pastorale à Annecy-le-Vieux dans les Années Soixante, j'étais la seule des enfants à faire de la pâtisserie, et elles ne crachaient pas dessus même si elles s'abstenaient de me faire un compliment ou à la rigueur, me remercier. J'ai toujours aimé la cuisine et la pâtisserie. J'aurais à cet égard fait une bonne épouse et mère de famille, car la bonne cuisine est essentielle au bien-être et au bonheur en famille, surtout pour le « petit mari », comme le chantait si bien Juliette Gréco:

« ...car elles n'avaient jamais appris
la cuisi-i-ne
qui retient les petits maris
qui s'débi-i-nent. »

Jeudi 25: Je profite des derniers légumes d'été à des prix intéressants, à peu près moitié prix de celui de la pleine saison, pour faire des conserves. J'ai vu au marché du dimanche des aubergines à 1,50€/kg, une aubaine, les poivrons pareil, mais les courgettes à 3€ alors non! Je n'en ai pas acheté. J'ai essayé une façon différente et plus simple de cuire les aubergines. Cette fois j'ai laissé un peu de peau en les épluchant et les ai coupées en gros dés que j'ai mis à dégorger. Plusieurs heures plus tard je les ai rincés. Ils flottaient comme des bouchons, ayant rendu tout le jus amer. Je les ai mis à sauter dans la grande cocotte en fonte puis j'ai couvert et baissé le feu et au but d'environ vingt minutes c'était cuit, et le volume avait considérablement réduit. Voilà donc la méthode la plus simple qui évite les complications de faire frire des tranches. Quant aux poivrons je n'ai pas trouvé de simplification. Je les fais passer sur la flamme pour pouvoir enlever la peau et cela prend du temps, et ensuite l'épluchage n'est pas très agréable. Coupés en gros morceaux ils se tiennent bien avec les aubergines. Ce matin j'ai fait cuire trois gros oignons et pressé plusieurs gousses d'ail, et fait une infusion d'herbes de Provence et de laurier, afin de ne pas avoir de petits bouts d'herbes à recracher. J'ai assez de ce mélange pour remplir cinq bocaux d'½ litre. Maintenant j'ai bien pris l'habitude de faire des bocaux et je n'ai plus à réfléchir intensément pour mener l'opération à bien.

Côté tricot ce n'est pas encore ça. La bande de boutonnage avec les boutonnières n'est pas une sinécure. J'ai fait plusieurs essais mais le bord des boutonnières ne me plaisait pas et j'ai dû faire des recherches dans mes bouquins. En plus il faut relever des mailles sur la longueur et disposer les boutonnières à égale distance, tout en réservant un espace plus petit en haut et en bas. Bref je n'en ai pas encore fini et je dois prendre un peu de recul pour ne pas commencer à haïr ce tricot. Mais après tout le travail et temps passé ce serait bête de bâcler les finitions.

J'ai relu quelques emails échangés avec Sophie en 2004. Elle ne m'a pas dit directement que mon père biologique (Jean Picart) était le frère du mari de ma mère (Célestin Picart), et j'ai réagi avec incrédulité à la suggestion, mais j'ai fini par l'accepter car d'une part les deux frères ne se ressemblent pas et pourraient eux-mêmes être de pères différents, et d'autre part je ressemble davantage à Jean qu'à Célestin. J'étais convaincue que j'étais la fille de Célestin car je me trouvais un air de famille (Picart) mais cet air était dû à ma ressemblance avec Jean, pas avec Célestin! Mais là où je ne suis toujours pas d'accord c'est quand ma soeur a dit que je suis le fruit d'un inceste car il n'y a pas de consanguinité entre ma mère et Jean. Mais il se pourrait bien que cette fausse croyance ait été à l'origine de tous les mauvais traitements dont j'ai été victime, non seulement de la part de ma famille proche, père, mère et frères et soeurs, mais encore des arrières-cousins de ma génération côté Picart en Bretagne, je pense en particulier à Marie-Reine Baud, et aux frères Quéguiner, Alain et l'autre dont j'ai oublié le nom. Car je ne m'explique pas autrement les mauvais tours qu'ils me jouaient chaque fois que je les voyais de loin en loin. On avait dû leur dire que j'étais le fruit d'un inceste et que j'étais tarée, alors ils s'amusaient à mes dépens. Et ces femmes de la génération de mes parents, il y en avait une qui disait chaque fois que je la voyais: « C'est la fille à Célestin » comme si j'étais sa seule fille alors que nous sommes cinq filles dans la famille. En réalité elle affirmait l'opposé de la vérité. J'étais sans le savoir « la fille à Jean! »

Et l'autre jour il m'est venu à l'esprit une explication possible pour les séances de dentiste que ma mère m'avait fait subir quand nous habitions rue Carnot à Annecy, donc avant 1959, quand j'avais trois ou quatre ans. Le dentiste, nommé Capron (j'ai bonne mémoire!) avait fait en sorte que mes dents (sauf celles de devant) pourrissent rapidement et c'est un fait qu'à l'âge de dix ans mes dents étaient extrêmement cariées. Quand j'ouvrais la bouche on voyait beaucoup de noir. Serait-il possible que ma mère ait fait cela pour accréditer l'idée que j'avais une tare? Et ainsi justifier qu'elle veuille se débarrasser de moi?

Mais où était Célestin à l'époque de ma conception? Pourquoi n'était-il pas disponible pour inséminer sa propre épouse? Je n'arrive pas à croire qu'il était en sanatorium pour soigner sa tuberculose car à l'époque on n'avait déjà plus recours à ce traitement, les antibiotiques ayant été découverts en 1945. Et puis notre mère ne nous parlait jamais de lui. S'il avait été malade elle nous aurait parlé de lui de manière à nous le faire aimer, et à attendre son retour avec impatience, mais quand il est venu habiter chez nous elle ne nous avait pas prévenues, il a débarqué un beau jour et il a fallu se rendre à l'évidence qu'il était un personnage important. Toutes nos petites habitudes ont été bousculées, surtout on devait être au lit et tous feux éteints bien trop tôt, à l'heure où il revenait du travail vers 19H30. Il ne voulait pas nous voir ni nous entendre et si nous faisions le moindre bruit avant qu'il n'arrive, notre mère entrebâillait la porte et agitait un martinet pour nous menacer de violence si nous ne nous tenions pas coites. Ce n'était pas vraiment une ambiance d'amour familial, le père guéri retrouvant son épouse aimante et ses enfants qui l'adorent, non, pas ça du tout! En fait avant que nous n'emménagions à la Pastorale à Annecy-le-Vieux ma mère avait déjà essayé au moins quatre fois si je ne m'abuse, de me supprimer.

Lundi 29: J'ai tricoté une bande de boutonnière séparée du corps du tricot pour la coudre ensuite et c'est encore raté car elle est trop longue mais cette fois-ci j'ai trouvé une solution et je crois que ça va marcher.

La semaine dernière j'ai mis en bocaux la riste d'aubergine, j'avais juste de quoi remplir cinq bocaux d'un demi litre. Deux jours plus tard j'en ai ouvert un pour le consommer et c'est très bon. Tous les légumes sont fondants et les fines lamelles d'oignon ajoutent une douceur et un goût très plaisants.

Tout cela représente pas mal de travail et j'ai laissé en suspens le récit de mon voyage en Suisse avec ma mère mais la fin du mois est là et je dois finir ce chapitre 35!

Cela fait quatre jours que Mr Beloiseau ne vient pas me voir. Et je ne vois pas d'autres pigeons alentour alors que normalement on en voit toujours alors je pense qu'il a été pris dans une rafle. Si c'est le cas et je dois en faire mon deuil, je suis bien attristée car il m'apportait de la joie. Si je ne lui ouvrais pas assez vite il frappait discrètement sur la vitre avec son bec pour attirer mon attention et quand il me voyait approcher à travers le rideau il trépignait d'impatience.. L'autre jour en revenant de ma chambre vers la cuisine il s'est envolé de mon épaule à l'approche de la porte et il a négocié le zig-zag complet pour la première fois. Au moment de virer à gauche il s'est quasiment arrêté en plein vol pour réorienter son corps à 90°. J'étais épatée! Il avait dû réfléchir pour trouver la solution, et quand il a eu l'idée de ce qu'il fallait faire, il s'est promis d'essayer à la prochaine occasion. Depuis notre réconciliation de l'été dernier nous nous entendions bien et il n'y avait pas eu d'autre heurt.

Samedi 3 novembre: Hourrah! l Le 31 j'ai enfin réussi à faire les bandes de boutonnage sur le cardigan. La difficulté est que la maille de tricot est de forme rectangulaire, plus large que haute. Pour un carré de dimensions quelconques il y a toujours davantage de rangs que de mailles. Il faut compenser cette différence en faisant un peu de calcul puis on relève X mailles et on saute la suivante, et on obtient une bande parfaitement plate et rectiligne, ce qui n'est pas le cas (ô vision affligeante!) quand on suit une formule toute faite.

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Adieu, mon ami des Airs!


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