Journal de la Femme à Abattre



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Paris, novembre 2018

Jeudi 22: Voici la fin du mois et une page vierge. Je me suis beaucoup affairée et ai accompli plusieurs tâches que je m'étais assignées. Tout d'abord, le cardigan est terminé pour de bon. Il n'y manquait plus que les boutons mais cette dernière étape n'a pas été simple: j'ai dû m'y prendre à trois reprises pour les obtenir. Tout d'abord des boutons anciens en cuir achetés sur ebay ne me sont jamais parvenus. Ensuite j'ai commandé plusieurs lots de six à un fabricant mais aucun ne faisait l'affaire. Enfin j'ai commandé à une mercerie en ligne des boutons rouges tout simples et avec ceux-là j'ai pu terminer mon cardigan.

J'ai eu le plaisir de compléter la fiche que j'avais commencée début septembre sur mon compte Ravelry, et d'annoncer la nouvelle au groupe des tricoteuses qui utilisent les livres d'Ann Budd, et aussitôt mon annonce mise en ligne j'ai reçu une réponse de la responsable du groupe, qui n'est plus l'auteur des livres, indiquant qu'elle doutait que j'avais réellement utilisé un livre de Ann Budd et qu'en ce cas je devais retirer mon annonce, et elle me donnait un lien vers les conditions d'utilisation du groupe. Je lui ai répondu en lui demandant ce qui lui faisait croire que je n'avais pas utilisé un de ses livres. Ce cardigan était le quatrième modèle que j'avais tricoté avec le livre en question. Je ne voyais pas quelle raison j'aurais pu avoir pour prétendre faussement avoir utilisé un de ses modèle plutôt que celui de quelqu'un d'autre. Dans mon empressement j'avais omis de renseigner une ou deux cases de ma fiche, en particulier la référence du modèle, et après cet accroc j'ai fait le nécessaire, j'ai même indiqué le numéro de page du chapitre sur ce modèle.

J'ai aussi fait de la cuisine: des gâteaux, surtout celui au citron et le moelleux au chocolat, une tarte au chèvre et aux épinards (recette personnelle) une sauce bolognaise, que je faisais au pif pour la première fois, et une soupe russe bien connue, dite Borsch. J'en ai fait environ cinq litres, la marmite était pleine. C'est une marmite en inox achetée récemment pour pas cher, qui est plus large que haute, bien adaptée pour cuire les spaghettis et je l'utilise beaucoup. L'épluchage et la coupe des légumes prend du temps. La veille j'avais fait le bouillon de boeuf et il avait refroidi, la graisse avait figé à la surface et j'ai pu la retirer aisément, et m'en servir pour faire revenir à la poêle ce qui devait l'être. Je me sers plus souvent de la grosse râpe, et c'est avec ça que j'ai débité les carottes, les betteraves et les oignons. J'ai eu la bonne surprise de trouver encore du chou que j'avais mis en conserve. Il était donc déjà coupé et déjà cuit, ce qui m'a épargné une étape de travail assez laborieuse. Et j'ai mangé cette soupe midi et soir, ce qui m'a évité de préparer des repas pendant trois jours.

Mon essai de sauce bolognaise était une façon de m'exercer à utiliser de la viande hachée car en fin de compte ce sont des boulettes de viande que je veux confectionner et mettre en bocaux. Seulement je leur donnerai une forme aplatie afin qu'elles remplissent mieux les bocaux. Par extraordinaire j'ai regardé un reportage sur les chômeurs en fin de droit, et c'est dans celui-ci que j'ai appris qu'il faut utiliser du pain de mie pour que les boulettes soient bien moelleuses, et pas le pain complet que j'avais envisagé. Il y a une quantité extraordinaire de recettes car chaque pays a la sienne. En espagnol les boulettes s'appellent albondigas. Qui l'eût cru?

J'ai construit un star dome en miniature. Il s'agit de l'armature d'une coupole hémisphérique faite de tiges flexibles comme le bambou ou le PVC, agencée de manière à résister au poids et aux autres forces, et le montage est composé de deux étoiles à cinq branches plus d'arceaux de renforcement, le tout entremêlé en respectant le passage dessus-dessous des tiges comme en vannerie. Les tiges se rencontrent à certains points clés où on les fixe toutes ensemble. La vidéo de démonstration ne dure pas même deux minues mais en réalité on doit passer beaucoup de temps à fixer ensemble les tiges qui composent les étoiles, et ce faisant bouleverser le montage effectué avec difficulté. Cela faisait longtemps que je voulais construire ce dome et j'ai été contente de l'avoir fait enfin, et je suis contente du résultat. Comparé au dôme géodésique, je considère le star dome plus facile à faire.

J'ai reçu une lettre de relance du syndic de copropriété Parry's Immo me réclamant plus de 16.000 Euros. J'ai répondu que les 14.000 Euros qui avaient été saisis sur mon compte en banque à l'issue du jugement de début février 2016 n'ont jamais été comptabilisés et que mes emails à cet effet sont restés sans effet. Ainsi depuis cette saisie mon compte était resté débiteur. J'ai profité de la communication pour demander une copie du règlement de copropriété et ce qu'ils m'ont envoyé n'est absolument pas le document en question. Je leur ai répondu dans ce sens, on m'a affirmé que si, c'est bien le règlement de corprop, et j'ai encore répondu que cela ne peut pas l'être, le document étant un document d'urbanisme traçant l'origine du bien et ses divers propriétaires depuis le début du XXème Siècle. On en est resté là.

Par ailleurs j'ai reçu copie d'un échange de mails entre Sophie et Norbert, où Sophie accuse Norbert d'utiliser pour son propre plaisir la maison d'Émalleville, d'y avoir laissé s'installer des amis etc. Sa façon de décrire papa comme un martyr d'une épouse infidèle a fini par m'agacer et je lui ai dit ce que j'en pensais. Nous avons échangé plusieurs mails portant sur notre enfance, et en particulier je lui dis que je ne croyais pas que papa était en sanatorium en 1955 et que c'était une histoire qu'on m'avait racontée et qu'en réalité papa était incarcéré. Sophie a protesté violemment et je lui ai donné les raisons pour lesquelles je pensais que papa avait pu faire de la prison. Elle m'a affirmé que papa était sorti du sanatorium bien avant notre installation à Annecy en 1955 mais cela ne colle pas avec mon souvenir car je suis à peu près certaine qu'il est arrivé dans l'appartement du 41 rue Carnot alors que nous y habitions déjà depuis plusieurs mois, et que je ne l'avais jamais vu auparavant car je me souviens de l'avoir observé soigneusement quand il ne faisait pas attention à moi, ce qui était tout le temps. Son état de santé était davantage cohérent avec un séjour en prison qu'en sanatorium à la montagne. Il était pâle et maigre, les doigts jaunis par la nicotine, et ses dents se déchaussaient, indice de malnutrition. De plus je n'avais jamais réalisé qu'il existait deux sexes dans le règne animal et ce fut seulement après l'arrivée de papa que je me mis à distinguer qui était mâle, qui était femelle, et je me mis à observer les différences. Une d'entre elles était que les femelles portaient des chaussures à talons et ayant compris que j'étais femelle je demandai un certain modèle de sandales à semelles de bois à ma mère car elles avaient le talon un peu surélevé, mais elle ne les acheta pas.

Dans sa réponse à Norbert Sophie faisait état de mon journal en ligne où elle avait lu que j'avais enfin accepté que mon père biologique était le frère de papa, Jean Picart. C'est en fait ce qui a lancé le dialogue. Mais je n'acceptais pas qu'on dise que j'étais le fruit d'un inceste car techniquement je ne l'étais pas. Sophie m'a alors répondu que c'était son psy qui entre 2002 et 2004 lui avait dit que le comportement que Sophie lui avait décrit correspondait à un enfant incestueux. Le comportement en question, c'était que je restais très longtemps aux toilettes et qu'après mon départ Sophie trouvait dans la cuvette des crottes emballées dans du papier hygiénique. Voilà, c'était la preuve que j'étais le fruit d'un inceste aux yeux de son psy! Autrement dit, la raison pour laquelle ma mère m'avait fait mettre de la pourriture dans les dents par un dentiste quand j'avais trois ans, n'était pas pour faire croire que j'étais tarée de naissance, et je n'avais pas grandi baignée dans ce mensonge immonde, alors il devait y avoir une autre raison pour laquelle tout le monde m'avait traitée comme une brebis galeuse .

Après que je lui eusse rappelé que maman nous avait dit quand nous étions très jeunes (je devais avoir trois ans) que la criminalité était héréditaire, et que même sans avoir les mots pour le dire je n'y croyais pas car je savais que nous avions le libre arbitre, et qu'à ce moment nous avions eu le choix entre le bien ou le mal, Sophie n'a plus voulu continuer notre échange. lettre de Brigitte à Sophie du 14 nov. - lettre de Brigitte à Sophie du 15 nov.

Mardi 11 décembre: Je suis de retour après un voyage en province et une semaine pour me remettre. J'avais vu une annonce sur le Bon Coin qui m'intéressait. Il s'agissait d'une maison de 120m2 sur deux niveaux dans un village près de Bellac (Blanzac, lieudit le Chambaut) vendue avec un terrain d'un hectare pour 27K. J'ai pris rendez-vous avec le vendeur pour visiter le matin du vendredi 30 et suis partie le jeudi 29 en car Ouibus de la gare de Bercy. Auparavant j'avais retenu une place sur un co-voiturage avec Blablacar mais le conducteur, après m'avoir donné rendez-vous près de la porte d'Ivry m'a annoncé que sa compagne avait été malade toute la journée et qu'il n'était pas sûr de partir après tout. Comme je ne voulais pas dépendre des aléas de sa vie privée je lui ai demandé d'annuler le voyage, ce qu'il a fait et j'ai été remboursée intégralement.

Je n'étais jamais allée à la gare de Bercy. Le car partait à 13H15. je suis partie de chez moi environ une heure plus tôt et j'ai acheté du pain Poilâne et des crèmes de gruyère au Monoprix en marchant vers l'arrêt de bus. Arrivée à l'arrêt Dijon-Lachambeaudie j'ai demandé à des passants où était la gare et ce fut seulement la troisième personne qui m'indiqua qu'il fallait prendre la rue à droite de la maison blanche. Mais une fois là je vis un parking pour la gare mais toujours pas de gare. Finalement je vis arriver un bus qui s'arrêta à l'angle et je lui demandai s'il allait à la gare et il me dit oui. Je montai à bord. Il me dit qu'au deuxième arrêt il y aurait un escalator qui menait à la gare routière. Il ne me força pas à payer un deuxième billet et j'arrivai rapidement. Une fois sur le niveau élevé je n'eus plus qu'à trouver le quai d'embarquement, et comme à ce moment deux cars Ouibus partaient, je vis où je devais aller. De loin je vis que mon bus n'était pas encore parti car son numéro était affiché au-dessus du pare-brise. Il était 13H12 quand je me présentai au chauffeur avec une impression de mon ticket, et nous partîmes avec un peu de retard.

Le voyage se fit sans problème. Je fus contente d'avoir de quoi manger car ce qu'on trouve en route est trop cher et pas très bon, parfois même rassis. Arrivés près de Limoges la circulation ralentit de façon dramatique. On voyait loin devant les voitures à la file avançant au pas. J'en vins à me demander si j'allais pouvoir prendre mon train pour Bellac qui partait vers 20H20. Heureusement le car prit une voie de sortie qui nous fit échapper à l'attente interminable dans la file, et nous arrivâmes à la gare et j'avais assez de temps pour prendre mon billet. J'entrai dans la salle d'attente et demandai à la ronde si quelqu'un pouvait m'aider car je ne connaissais pas cette gare et j'avais un train à prendre. En effet tous les guichets étaient fermés et on devait se débrouiller. Un homme d'environ 35 ans à l'allure un peu hippie se leva et me dit où acheter mon billet et quel écran regarder pour voir de quel quai partirait le train. Je le remerciai chaleureusement.

J'arrivai à Bellac à 21H pile. Je me mis en marche dans le noir avec mon sac à dos et ma canne dans la ville où tout était fermé. Je dus demander mon chemin et arrêtai une voiture qui passait. Enfin je trouvai l'hôtel Central où j'avais réservé une chambre. La réceptionniste vit ma réservation dans ses registres. Elle me donna le code de la porte sur un papillon minuscule que je mis avec ma carte bancaire, puis elle me donna le code pour accéder au wi-fi sur un ticket genre ticket de caisse, dont l'imprimante à matrice était à court d'encre, ce qui rendait les caractères à peine lisibles. Elle les écrivit à la main et me tendit le ticket. Il fallut que je lui demande la clé car elle ne me l'avait pas encore donnée. Je fus soulagée quand je pus m'installer dans ma chambre.

Cependant l'accès à internet par wi-fi ne fut pas sans problème et je dus faire venir la patronne qui n'avait pas l'habitude de l'interface de mon ordi. Je me félicitai d'avoir emporté ma robe de chambre car j'avais hésité à la mettre dans mon petit bagage. Je ne sais pas si c'est parce que je tourne sur Windows 7 alors que sa configuration wi-fi est pour Windows 10. Après quelques temps elle parvint à établir la connexion. Mais mon sommeil fut troublé par un bourdonnement lointain et ininterrompu, comme si un aspirateur était en marche. Il y avait aussi une lumière bleue à la base du poste de télévision qui baignait la chambre dans une lumière désagréable.

Je me levai vers 8 heures et allai prendre mon petit déjeuner. Une femme du personnel était là et elle m'expliqua où tout se trouvait dans le buffet à volonté. Elle avait une voix de tête très forte et ne cessait de parler. On comprenait vite qu'elle était simplette.

De retour dans ma chambre j'appelai le vendeur de la maison et dis à la femme que j'étais à Bellac et lui demandai si elle pouvait passer me prendre au passage car elle venait d'un village au sud de Limoges. Elle exprima de l'étonnement et accepta. Elle m'appela un peu plus tard pour me dire qu'elle aurait un peu de retard car elle devait faire un détour pour éviter les « Gilets Jaunes » qui manifestaient le mécontentement populaire en ralentissant la circulation. On m'annonça son arrivée et je descendis une marche à la fois en me tenant à la rampe d'une main et à ma canne de l'autre. Elle avait l'air un peu tendu et ne souriait pas.

Son mari était au volant de l'auto et je m'assis à l'arrière. Nous roulâmes dans la campagne à l'est de Bellac, nous atteignîmes Blanzac puis roulâmes vers le Chablard où était située la maison. Le paysage était très attrayant sous la lumière matinale, valonné et boisé, et la route sinueuse nous faisait découvrir de nouveaux paysages à chaque tournant. Ils me demandèrent quel était mon projet. Je leur dis que je savais qu'il existait de nombreux jeunes qui rêvaient de s'établir à la campagne et de cultiver la terre, mais qu'ils ne pouvaient pas se payer de maison ni de terrain constructible, alors je les hébergerais temporairement avant qu'ils se contruisent une maison sur le terrain constructible. Je leur dis que j'avais laissé passer 3 hectares de terrain agricole dans la région parce qu'il n'y avait pas de maison ni de terrain constructible avec. Que si on vivait sur un terrain agricole on risquait de se faire tôt ou tard déloger par les gendarmes et que ce n'était pas bon de vivre dans la crainte d'être traîné en justice.

La maison était en bordure de la rue du village et en face se trouvait le terrain de 1ha qui était vendu avec. La femme m'assura que la rue était très peu passante. Ce qui me frappa le plus dans la maison c'était l'abondance de sanitaires et de tuyauterie. au rez-de-chaussée il y avait un w.c., une douche et lavabo mais l'évier en inox de la cuisine n'était pas installé et il y avait un trou dans le sol contre le mur qui donnait sur la rue. À l'étage il y avait un salle de bains avec baignoire et lavabo et un autre w.c., au-dessus de la baignoire se trouvait un réservoir en métal nu qui servait, me dit-on, à distribuer l'eau chaude qui venait de la chaudière à bois, et dans chaque pièce il y avait au moins un radiateur, parfois deux. Le vendeur m'avait envoyé un message où il disait qu'il avait « commis une erreur » quand il avait dit que les radiateurs étaient en fonte, car certains ne l'étaient pas. Il y avait des tuyaux de cuivre partout. La chaudière au rez-de-chaussée était une cuisinière à bois émaillée en blanc, et il s'en échappait de la tuyauterie avec une jauge de pression, un ballon qui servait à réguler la pression, et c'est à ce niveau qu'il y avait un problème me dirent les vendeurs. Sinon la cuisinière était au complet mais on ne pouvait pas s'en servir pour cuire des aliments en même temps que le chauffage car elle était dans une pièce à l'opposé de la cuisine, avec le couloir entre les deux.

Certains murs étaient lambrissés et je compris qu'il y avait un problème d'humidité. Guère étonnant car les murs de pierre que j'avais vus dans le grenier étaient recouverts d'un enduit imperméable aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur. Je me dis qu'une des premières tâches serait de faire tomber tous ces enduits pour permettre à l'humidité de s'évaporer.

Derrière la maison se trouvait un jardinet enserré dans le U que formait l'ensemble des bâtiments, et au beau milieu de cet espace poussait un arbre déjà ancien dont les branches partaient de la base et qui avait été coupé récemment à en juger par l'aspect frais des souches. Tout autour se trouvait un trottoir en béton, à gauche il y avait un abri pour le four à pain, et un autre abri pour le bois, et à droite la vieille grange avec un beau mur en pierre s'élevait au-dessus de la maison. La propriété s'arrêtait à la limite de la grange et de l'autre côté du grillage se trouvait le jardin du voisin. La vieille maison tout à gauche menaçait de s'écrouler et il était prévu de la démolir aux frais du vendeur.

Ensuite le neveu de la vendeuse me conduisit dans le champ en face de la maison. Il n'était pas de forme rectangulaire mais formait un angle et était limité par des bois. Comme ce terrain était vendu comme en partie constructible je me demandai où pourrait se situer une future maison mais vu la configuration du terrain la réponse n'était pas évidente. Nous allâmes jusqu'à l'angle rentrant pour voir l'étendue du champ et une fois de retour j'eus besoin de m'asseoir car j'étais fatiguée par la marche à travers champ.

La femme me montra une impression où figurait la liste de toutes les parcelles à vendre. Il y avait des champs, des prés, des taillis et des landes. Je demandai la définition d'une lande et on ne sut pas me la donner. Le mari me dit qu'il y avait en tout à vendre 6 hectares de taillis sur 23 parcelles. Quant aux terrains agricoles certains étaient loués et les locataires avaient priorité pour les acheter. Elle me montra une impression du plan du village où elle avait marqué en rose fluo le contour de la partie constructible du village. Je lui demandai de m'en envoyer copie par la poste et elle rechigna. Elle avait aussi écrit à la main divers chiffres dont le montant de la taxe foncière de la maison qui s'élevait à plus de 400€ par an, ce que je trouvai élevé étant donné la situation rurale du bien. Je dis que j'étais interessée par l'acquisition de terrains, même des taillis, d'autant plus que certains étaient en bordure de la Gartempe, et comme ils ne pouvaient pas me donner de détails sur le moment il fut convenu qu'ils me contacteraient plus tard avec tous les renseignements.

Il y avait un autre bien qui appartenait à son frère. La femme et moi y allâmes. C'était une grande maison en pierre envahie par le lierre et les ronces, avec un puits à côté et le squelette d'un hangar sur une grande parcelle avec un bois en face. Elle me dit d'un ton un peu dédaigneux que son frère laissait le bien à l'abandon. En cours de promenade je lui demandai ce qu'elle savait du souterrain car une des rues principalles s'appelait rue du souterrain. Elle n'en savait rien et pourtant elle disait avoir grandi dans cette maison.

Je demandai s'il y avait des commerces à Blanzac. Il n'y en avait pas. « Mieux vaut faire son pain! » dis-je. Le monsieur me répondit que la boulangère passait en tournée tous les deux jours. Il y avait aussi, à leurs dire, un ramassage scolaire quotidien ainsi que des repas chauds distribués aux personnes âgées. Une femme seule arriva dans une voiture rouge à deux places. C'était l'autre visiteuse du jour. On lui fit visiter les lieux, ce qui ne prit pas aussi longtemps que pour moi. De retour à sa voiture elle dit qu'elle aimerait acheter la maison mais n'avait pas assez d'argent. Elle avait une voix très grave. La visite terminée la propriétaire posa sur un rebord près de la porte d'entrée, une chaise à bascule de poupée qui était dans une chambre quand nous avions visité l'étage. C'était un objet en bois bien fait. Je la regardai en souriant, je dis « C'est mignon! » J'eus presque envie de lui dire que cet objet m'appartenait puisque j'allais acheter la maison, mais je ne dis rien de plus.

Ils me raccompagnèrent à mon hôtel. La femme me demanda quand je repartirais. Je dis « Demain. » Ils sortirent et je leur serrai la main à chacun et les remerciai, leur rappelant de me donner les renseignements demandés.

La porte de l'hôtel s'ouvrait en tirant de la main gauche mais je ne compris pas tout de suite. Je ne savais pas que pour rentrer il fallait composer le code que la femme m'avait donné la veille à mon arrivée. J'avais cru qu'il y aurait quelqu'un à la réception pendant la journée. La poignée faisait environ quarante centimètres de haut, elle était en aluminium profilé, ce n'était pas une poignée à l'ancienne dont le fonctionnement saute aux yeux. J'essayai à plusieurs reprises en tirant de la main gauche puis en glissant ma main droite entre le mur et la poignée malgré l'espace d'à peine un centimètre. J'avais hâte d'être au chaud. Je commençais à perdre patience, frappai à la porte vitrée. Enfin je vis arriver la femme qui m'avait accueillie la veille. Elle poussa la porte avec force quand j'avais encore ma main droite glissée entre la poignée et le mur, et évidemment j'eus un doigt coincé. Une douleur fulgurante me fit gémir, je vis le sang jaillir. La femme me fit asseoir dans le salon du petit déjeûner. Elle m'apporta une serviette mouillée d'eau froide, puis un désinfectant en vaporisateur. J'avais tellement mal que je faillis m'évanouir, et j'avais une peur mortelle que mon ongle soit terriblement abîmé, qu'il faille que je voie un médecin d'urgence, mais la douleur s'atténua rapidement. La femme me mit un pansement adhésif, et je pus déjeûner sur place sans problème.

Je pris le menu à 14 euros, composé d'une soupe de légumes broyés (conserve) puis d'une choucroûte de poisson, faite d'un filet de poisson d'eau douce accompagné d'une choucroûte en conserve avec des rondelles de saucisses et du petit salé qui avaient visiblement séjourné longtemps dans la boîte.

J'avais vu dans le journal local que la chambre des notaires de Limoges allait faire une opération portes-ouvertes le lendemain alors je payai une deuxième nuit mais demandai à changer de chambre à cause du bourdonnement qui m'avait empêchée de dormir. Je me fis apporter le journal pour noter l'adresse puis regardai sur internet où était située la place Winston Churchill par rapport à la gare de Limoges. Ensuite je suis sortie pour faire un tour en ville, acheter quelques objets de toilette que j'avais oublié d'emporter. Je vis que la rue qui menait à la partie basse de la ville, la partie la plus ancienne, était extrêmement pentue et je n'étais pas d'attaque pour entreprendre cet exercice. Le soir j'ai dîné d'une pizza plutôt réussie dans une pizzeria du quartier. De retour à l'hôtel je n'ai pas pu faire fonctionner la wi-fi et j'ai abandonné, lasse de me confronter à ce problème. J'ai retenu un taxi pour le lendemain matin afin d'être conduite à la gare.


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