Journal de la Femme à Abattre



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Paris, janvier 2019

Vendredi 4: L'année a démarré sans à-coup, du moins pour moi. Le président Macron a mis en colère la plupart des citoyens avec des voeux exprimés dans un langage dictatorial mais qui fait semblant d'être compatissant. Il lit son texte en mettant le ton comme un élève de cours d'art dramatique. Oui, on dirait qu'il récite un poème ou un monologue. L'influence de son épouse, qui fut son prof de théâtre, est évidente. Elle lui a fait répéter mais malgré tout cela sent l'artifice, l'émotion feinte et il n'a trompé personne. En même temps le trouble-fête Benalla s'est fait remarquer au Tchad où il a fait une apparition dans les milieux d'affaires proches du président juste avant un déplacement de Macron au même endroit, et voyageant avec un passeport diplomatique. Et pourtant il n'apparait sur l'organigramme d'aucun service de l'état.

Pour ma part j'ai continué le nettoyage et le débarras. J'ai jeté deux paires de chaussures que je portais à New York. Je cherchais dans un grand casier plein de câbles, un câble de téléphone et un adaptateur pour prise RJ11/RJ45 et j'ai eu la bonne surprise de les trouver dans le fouillis de câbles, je n'aurai donc pas besoin de les acheter. Car j'ai décidé de me séparer de ma ligne de téléphone dite « principale » qui m'est facturée 35 euros tous les deux mois, et de me servir du numéro en 09 qui est fourni avec ma ligne ADSL. Il faut donc que je me procure l'équipement pour pouvoir brancher mon téléphone sur le modem, et ce sera un « switch » avec 5 prises femelles RJ45. D'où ma recherche d'un adaptateur et d'un fil téléphone. Si je ne les avais pas trouvés j'aurais pu acheter un câble avec deux prises mâles à chaque extrémité, l'une RJ45, l'autre RJ11.

En même temps que le nettoyage sur le plan matériel, j'accomplis aussi un nettoyage spirituel. En effet en prenant conscience de la criminalité et du mensonge qui ont baigné ma vie entière depuis ma conception jusqu'au présent, je me sens d'autant plus digne et propre. Je crois que ma grand-mère est responsable en grande partie de ce qui s'est passé dans la vie de ses deux fils, et celle de leurs épouses et enfants respectifs.

Ainsi ce serait elle qui aurait pris la décision de faire naître un enfant -moi- de l'union entre son fils Jean et la femme de son autre fils Célestin, et en raison du caractère scandaleux de cette union, et du fait que l'enfant aurait pu réclamer des droits auprès de ses deux pères, elle aurait condamné cet enfant à mort avant même qu'il soit conçu. Reste à savoir pourquoi il fallait absolument qu'un enfant naisse à cette époque précise. C'était forcément pour prouver quelque chose, et ce qui comptait avant tout, c'était l'acte de naissance qui faisait preuve, l'être humain n'avait aucune importance, et comme on l'avait condamné on l'a considéré dès sa naissance comme un objet à mettre au rebut, auquel il ne fallait pas s'attacher, et c'est dans cette situation familiale que je suis venue au monde.

Alors que pouvait prouver mon acte de naissance? Que mon père était en mesure de procréer à l'époque de ma conception, alors qu'il ne l'était pas. Pourtant la signature du déclarant sur mon acte de naissance a bien l'air d'être celle de mon père. Mais peut-être avait-il été libéré entre temps, et il a pu déclarer ma naissance en personne, alors que neuf mois plus tôt il était incarcéré, peut-être? Non, car il nous a rejointes rue Carnot à Annecy en 1955 et je ne l'avais jamais vu auparavant. De plus j'ai vu ma mère imiter sa signature à la perfection, il est donc possible que mon père biologique Jean ait lui-même fait la déclaration de naissance en mairie du XVIIème arrondissement, en faisant usage d'une fausse carte d'identité au nom de Célestin mais avec la photo de Jean, et en imitant la signature de Célestin sur l'acte de naissance.

Quoi qu'il en soit il me semble plus plausible que ce soit ma grand-mère qui ait tout orchestré, étant donné la sophistication de la tromperie sur une durée de plusieurs années, dont des jeunes gens d'une vingtaine d'années n'auraient pas été capables, surtout que cela concernait leur vie sexuelle. Je ne pense pas que Claire et Célestin, les deux mal-nommés, auraient accepté de jouer ce jeu-là à moins d'y être contraints. Il suffisait de peu pour les convaincre, une simple menace de les laisser se débrouiller tout seuls devait suffire. Ma grand-mère avait besoin que son fils inspire confiance pour des raisons forcément financières, pour qu'il ne lui soit pas à charge, par exemple pour contracter un emprunt, et s'il manquait de diplômes et d'expérience professionnelle, le fait d'être père de quatre enfants nés environ à un an d'intervalle (sauf moi qui suis née 20 mois après ma soeur Sophie) pouvait être une preuve de sérieux et de sens des responsabilités, alors qu'en réalité mes soeurs ont toutes des pères différents dont aucun n'est Célestin, notre père officiel, le fils de ma grand-mère.

Mais alors où était-il pendant tout ce temps, entre son mariage en 1948 et son arrivée et installation à Annecy en 1955? Toutes mes soeurs auraient-elles été mises au monde pour la même raison, faire croire que mon père était un honnête homme, et mon père biologique choisi en désespoir de cause parce qu'aucun autre n'était disponible... mais pourquoi? Pourquoi aucun autre homme n'était-il disponible? Est-ce que ce serait parce que ma mère elle aussi était incarcérée, et alors Jean lui aurait rendu visite et lui aurait remis en cachette du sperme frais avec lequel elle se serait inséminée? Et ainsi les enfants couvrirent la scélératesse des parents, et ils furent mis de bonne heure au courant de la situation sauf moi parce que j'étais condamnée à mort?

Jeudi 10: Le froid est là mais pas terrible, heureusement. J'ai enfin trouvé les chaussures d'intérieur qui me protègent efficacement des courants-d'air qui volent au ras du sol. Ce sont des chaussures de sécurité pas jolies du tout, mais elles ont des semelles épaisses en plastique moulé bien isolantes et elles enrobent le pied avec une matière imperméable rembourrée qui protège des éclaboussures de cuisine et ne laisse pas pénétrer l'air froid. De plus elles sont beaucoup plus confortables que les mules, chaussons et autres charentaises que j'avais essayés auparavant, car ces derniers n'offraient aucun support plantaire. Je peux maintenant faire des travaux divers sans ressentir de fatigue trop tôt, et du fait j'ai gagné une réserve d'énergie.

Vendredi 11: Hier j'ai mis en ligne mon journal de décembre. Cela faisait plusieurs semaines que je n'avais pas visité mon site, ni regardé les statistiques. Je n'ai pas eu de chapitre à ajouter à BNNY mais par ailleurs j'ai fait d'importants progrès dans l'investigation sur mes origines, comme en témoigne ce journal. Enfant j'avais constaté le manque d'amour dans la famille et je m'étais demandé pourquoi mes parents avaient eu tant d'enfants. Je doutais que ce soit seulement pour toucher les « allocs ». Il devait y avoir une raison plus importante, et je m'étais juré de la découvrir. Il semblerait qu'une cinquantaine d'années plus tard je sois parvenue à mon but. Je n'ai jamais entendu d'histoire où un enfant découvre si tard, à l'âge de 66 ans, que son père biologique est son oncle paternel. Si les raisons de cette filiation étaient innocentes, on m'aurait mise au courant bien plus tôt.

Samedi 12: Le plafond de la salle d'eau côté w.c. s'est effondré pendant la nuit. Il y a des très gros morceaux de gravats au sol et le bois de construction est à nu. Ceci est dû à de l'eau qui goutte du plafond sans relâche depuis longtemps.

Dans une semaine ce sera le vingtième anniversaire de la création de mon site internet.

Mercredi 23: Je suis encore allée dans le Limousin la semaine dernière. Partie le jeudi 17, revenue le lendemain. À l'aller j'ai pris un Ouibus qui est parti à 9 heures. Le lieu de départ que je croyais connaître avait changé depuis mon dernier voyage. Il a fallu suivre un itinéraire fléché à travers un parc, et la gare routière maintenant est souterraine.

Arrivée à Limoges J'ai téléphoné au vendeur du terrain pour lui demander de reporter la visite au lendemain matin, et j'ai pris un train pour Bellac où je comptais passer la nuit. Dans le train un homme a fait des histoires avec le contrôleur. Il a dit qu'il avait raté son train pour Paris et qu'il se rendait à Poitiers pour attraper une connexion vers Paris. Tout cela lui a pris longtemps à expliquer et pendant ce temps le contrôleur me tournait le dos et il était si près de moi que sa jambe touchait la mienne. J'avais son cul sous le nez. J'ai donné un coup de pied dans le vide pour repousser sa jambe avec la mienne, sur quoi il s'est retourné et m'a dit: « Oh, excusez-moi! J'espère que je ne vous dérange pas trop! » à quoi j'ai répondu « Si! » Il s'est alors rangé de l'autre côté de la travée à côté du voyageur à problème, comme il a dû apprendre lors de sa formation.

Arrivée à l'Hôtel de la Gare j'ai demandé si la chambre n°3 était libre. La serveuse était une jeune femme brune que je n'avais pas vue la fois précédente. Elle a consulté le registre, puis elle m'a dit que oui, elle était libre, et que pour le même prix elle en avait une autre qui avait un w.c. J'ai réfléchi un peu, je me suis dit que si j'insistais pour avoir la chambre n°3 cela revenait à avouer que je pissais dans la douche et que cette femme essayait de me faire honte, mais j'ai dit que je préférais avoir la n°3. Elle m'a tendu la clé en me disant que puisque je connaissais les lieux je pouvais y aller toute seule, mais j'ai insisté pour qu'elle m'ouvre la porte alors elle est sortie de derrière le comptoir et m'a précédée dans l'escalier.

Tandis que nous parlions un bruit de moteur s'est fait entendre, avec un son aigu ascendant au démarrage, puis après une dizaine de secondes il s'est arrêté avec le même son descendant cette fois. Il y eut un temps de silence assez bref, une quinzaine de secondes, puis le moteur se remit en marche et s'arrêta à nouveau. J'ai demandé quel était ce bruit. La jeune femme m'a répondu que c'était le ventilateur du w.c. J'ai dit que si ce bruit allait se prolonger toute la soirée je serais incapable de dormir. Elle m'a répondu qu'elle allait débrancher le ventilateur mais le bruit a continué de façon intermittente pendant plusieurs minutes même après que je me sois allongée pour me reposer.

Excédée je me suis levée et suis sortie, ai regardé par dessus la rampe de l'escalier. Je ne savais pas quoi dire mais j'étais très agacée. Au même moment j'ai entendu et vu passer un homme qui a dit à la femme qu'il avait besoin d'un tournevis cruciforme. Je suis retournée dans ma chambre sans avoir rien dit et me suis allongée à nouveau et me suis endormie car très fatiguée. Quand je me suis réveillée le bruit avait cessé.

J'ai mangé ce que j'avais apporté avec moi: des crèmes de gruyère et du pain complet que j'avais coupé en tranches avant de partir, et du comté, des bananes et une tarte au fromage blanc que j'avait faite la veille, dans un moule assez profond d'environ 18cm de diamètre. Je l'avais emportée dans le moule pour la protéger et elle pesait assez lourd. Avec ces victuailles je n'ai pas dépensé un sou pour m'alimenter.

Je me suis deshabillée et mise au lit mais j'avais froid alors je suis descendue pour demander une couverture supplémentaire. En plus je voulais réserver un taxi pour Blond le lendemain à 8H30. La jeune femme a donc dû remonter l'escalier étroit. Elle m'a tendu la couverture en faisant une drôle de tête mais avec le sourire.

Avant de me coucher j'ai pris une bonne douche et sous l'eau me suis souvenue que je n'avais pas fermé la porte à clef à mon retour. Je suis donc sortie toute mouillée et ai pris mon sac avec moi au cabinet de toilette car je ne voyais pas la clef. Une fois séchée je l'ai cherchée dans les poches de ma veste, puis dans mon sac que j'ai fouillé de fond en comble. J'ai commencé à paniquer. Il était près de 21 heures et j'entendais des bruits de fermeture au rez-de-chaussée. Et si je me retrouvais obligée de passer la nuit sans pouvoir fermer ma chambre à clef!

Je suis à nouveau sortie de ma chambre et ai appelé la jeune femme: « Madame! Madame! Je ne trouve plus ma clef! Je l'ai cherchée partout! » Elle est montée à nouveau. Vêtue uniquement de ma chemise de nuit, pieds nus et les cheveux enturbannés dans une serviette, je lui ai dit à peu près la même chose, lui montrant ma veste et mon sac, puis tout d'un coup j'ai aperçu mon pantalon noir qui reposait sur mon sac à dos sur une table, et que je n'avais pas vu car mon sac est noir aussi. Dès que je l'ai soulevé j'ai entendu le cliquetis des clefs et les ai trouvées au fond de ma poche. Soulagement! « Ah! Quelle idiote, alors! » dis-je, rompant avec mon habitude de ne pas m'insulter. Puis: « Je suis vraiment désolée de vous avoir dérangée pour rien! » Elle me fit encore ce drôle de sourire et me dit de ne pas m'inquiéter, que tout allait bien. Après son départ je me suis fait la réflexion que si elle avait fait exprès de me harceler avec sa chambre avec w.c. et son ventilateur d'usine qui faisait un bruit d'enfer, je m'étais bien vengée sans le faire exprès, en la faisant monter trois fois à l'étage.

Le lendemain matin je me nourris de mes provisions avant de descendre, puis dans la salle du café je payai ma note et pris un petit crème. Je n'eus pas à attendre car le taxi se présenta illico à 8H30 comme prévu et il me conduisit à Blond à une quinzaine de kilomètres. La route suivait en partie le cours sinueux et tranquille du Vincou, la campagne était baignée dans la brume. Seuls les arbres en ligne ou en groupe créaient un relief. Il me semblait que le chauffeur roulait trop vite, comme si le moteur était en 4ème alors que la 3ème était mieux adaptée à sa vitesse de 75km/h. L'effet était inquiétant, comme s'il devait retenir le véhicule prêt à bondir en avant. C'est peut-être dû au fait que la réduction de la limite de vitesse à 80km/h sur les départementales est encore récente.

Arrivée à l'adresse du terrain j'appelai le vendeur qui me dit qu'il serait là dans cinq minutes. Un chat bien portant s'approcha en miaulant. Je le pris dans mes bras, il se laissa faire, et j'attendis ainsi. Le vendeur, un homme d'environ 35 à 40 ans, arriva à pied d'une petite route à flanc de colline. Je le suivis sur le terrain. La partie constructible en bordure de route était très boueuse, je trébuchai sur une motte et faillis tomber. Il me dit « Attention! Le terrain est gras ici! » Je suppose que gras n'a pas une connotation aussi négative que boueux. Et à la droite de la partie constructible l'accès au champ était un véritable bourbier. Le vendeur me dit qu'il passait par là avec son tracteur et que ce véhicule lourd en était la cause.

Il me montra le bassin qu'il avait creusé lors de la sécheresse de l'été dernier, et qui recevait l'eau d'une source. L'eau était libre de toute végétation. Nous continuâmes vers la gauche et passâmes la partie cultivée en plein champ. Il me dit qu'il avait fait beaucoup d'amendements pour améliorer la qualité du sol. Au fond du terrain sur la gauche, à l'ouest, se trouvaient des tas de gravats provenant de la fouille du bassin. Il me montra un tas de pierres qu'il avait extraites des gravats pour qu'elles puissent être utilisées.

En suivant la limite nord nous revînmes vers l'entrée du terrain et arrivâmes derrière le gros chêne qui est en face de l'entrée. C'est un arbre gigantesque et nous ne nous en sommes pas approchés de trop près. J'ai dit qu'il était magnifique et le pris en photo. Le long de la limite est se trouvaient de nombreux rondins de fort diamètre reposant à même le sol. C'était, me dit le vendeur, des arbres morts qu'il avait abattus afin de sécuriser le terrain, et qui pourraient faire du bois de chauffage. On voyait que le terrain offrait de nombreuses possibilités. Je pense qu'autrefois c'était une pâture et le chêne avait été planté au milieu de la parcelle pour fournir de l'ombrage et un abri au bétail.

Il avait beaucoup travaillé sur ce terrain et il était forcé de le vendre pour honorer ses traites car il s'était endetté pour l'acheter et la sécheresse de l'été dernier ainsi que la rupture inattendue de son couple l'avaient rendu incapable de payer ses traites. En effet avant la rupture ils travaillaient ensemble, lui et sa femme, elle assurait la vente des produits et d'autres tâches. Ils vivaient séparément donc il devait payer les charges de deux habitations, deux abonnements EDF etc. Il lui restait un terrain de 1,5 hectare à flanc de colline et il s'en contenterait.

La visite terminée nous parlâmes du prix et des papiers. Il n'y avait pas de négociation possible a priori et sa situation m'en ôtait l'envie de toute façon, mais il allait y avoir des frais pour assécher la parcelle constructible, qui risquaient de faire monter la facture. Je pris son adresse email et lui dis que je lui enverrais un message pour qu'il puisse m'envoyer les papiers du terrain en format pdf. Puis il me demanda comment j'allais repartir. Je dis qu'il y avait des bus qui faisaient la liaison avec Limoges et je sortis l'horaire que j'avais imprimé avant de partir. Mais à ma consternation je vis que le seul bus passait à 6H30 du matin! Il proposa de me conduire à Bellac où je pourrais prendre un train pour Limoges et j'acceptai. En cours de route il me posa des questions pour savoir comment j'en étais arrivée à m'intéresser à son terrain. Je lui demandai de me déposer à la médiathèque car j'avais besoin d'accéder à internet.

Cette médiathèque de construction récente est agréable à utiliser. Ayant terminé mes activités en ligne je regardai les livres sur la culture régionale et en trouvai un sur l'architecture paysanne abondamment illustré de photos en couleur. Grâce à ce livre je pus comprendre de nombreux détails insolites qui avaient attiré mon attention en consultant les annonces immobilières sur Le Bon Coin. Le prochain train pour Limoges était à 13H55, j'avais du temps, et je m'assis au soleil dans la véranda qui précédait une terrasse donnant sur le vide au fond duquel coulait le Vincou.

Je regagnai la gare à pieds, une marche d'environ 20 minutes. J'avais déjà mon billet pour Paris et je profitai du temps d'attente pour acheter une carte pour les Seniors qui donne droit à une réduction de 25%. Le voyage se passa sans problème et arrivée en gare d'Austerlitz, je vis une file d'attente d'une dizaine de personnes à la station de taxis. Je n'avais d'autre choix que de prendre le métro et je n'étais pas en forme pour me farcir tous les couloirs et escaliers, donc il fallait que j'attende mon tour. J'eus la chance que tous les voyageurs de la file se désistent les uns après les autres. Peut-être faisait-il trop froid pour eux, mais moi j'avais prévu de passer du temps dehors et j'étais bien emmitouflée. Le groupe de deux dames qui restait avant moi finit par partir aussi et je me retrouvai seule à attendre. Je me dis qu'un taxi allait sans doute arriver promptement et j'avais raison. En tout je n'eus pas à attendre plus de cinq minutes.

Mardi 22: Sophie m'a envoyé un email où elle me demande si j'ai peur de faire un test ADN pour établir scientifiquement que Jean Picart est mon père biologique. Je lui ai répondu que la ressemblance physique suffit à me convaincre et que je n'ai pas l'inclination à le traîner devant les tribunaux pour le contraindre à donner un échantillon d'ADN. À quoi elle m'a répondu qu'elle a « ce qu'il faut » et une fois de plus elle m'explique les motivations de notre mère qui l'ont poussée à avoir un enfant avec son beau-frère. D'après elle notre mère regrettait de n'avoir pas pu suivre la carrière de cantatrice d'opéra dont elle rêvait et elle se serait conduite comme les personnages d'opéra dont la conduite est inspirée des dieux de l'Olympe, ignorant les limites imposées par la bienséance.

Je lui ai répondu qu'avec tous ces pères différents, je suis en fin de compte la seule de la fratrie de sept qui soit une véritable descendante de la lignée Picart, et c'est moi qu'on a déshéritée, et je lui ai demandé si elle savait qui était son père. Elle m'a répondu qu'elle aussi est de cette lignée car son père est bien Célestin, notre mère le lui avait dit en confidence il y a longtemps. Elle a insisté que je n'ai pas été deshéritée.

J'ai répondu qu'il n'y a aucune ressemblance physique entre elle et Célestin et lui ai demandé si toutes les tentatives d'assassinat contre moi prouvaient leur désir de partager les biens équitablement avec moi. Je lui ai aussi rappelé que quand nous partagions une chambre à Annecy-le-Vieux il était arrivé plusieurs fois qu'elle revienne en fin d'après-midi de dimanche et me dise que la succession se ferait par donation entre vifs, que je n'avais jamais été conviée aux réunions où la succession était discutée, et lui demandai ce qu'il fallait en conclure.

L'échange s'est poursuivi et mes accusations sont devenues plus précises. Si tout était réglo pourquoi avait-on toujours retourné contre moi les avocats que j'avais retenus pour m'informer de mes droits et me conseiller? J'avais la preuve qu'elle, Sophie, avait activement participé à me séparer de mon avocate Me Billard à Evreux, et que si je l'avais conservée elle ne m'aurait pas laissée signer le document intitulé « Acceptation... ». Sophie m'a répondu un long message où elle rabâche ses griefs avec notre mère et parle d'une entourloupe que cette dernière aurait perpétrée avec la complicité de mon parrain Jean pour nous spolier d'une partie des biens successoraux, une théorie plus que fumeuse, jamais étayée de faits précis. Quels biens?. Elle fait cela chaque fois que je l'accuse de complicité d'escroquerie. En réponse à ma question sur qui, d'après elle, était responsable de l'attentat contre son avocat, elle me dit que la veille de l'attentat contre Me Brane il lui avait téléphoné à son travail alors qu'il ne l'avait jamais fait, et d'un ton pressant lui avait dit qu'« il fallait en finir », et il lui avait donné rendez-vous.

Dimanche 27: Je suis allée faire des courses au supermarché vers 10H30. Le magasin était aussi plein que les jours de semaine. Je pense que cette pratique assez récente permet d'écouler des denrées périssables qui auraient dû être jetées le lundi suivant et en cela c'est une bonne chose. De plus le dimanche n'est pas le septième jour, le vrai jour de repos et de grâce de la Bible, c'est le samedi. J'étais surtout venue acheter un filet de 5kg de PdT, plus quelques autres choses. Ma facture était de 22€. J'étais un peu surprise que le montant soit si élevé mais je l'ai payée par carte sans broncher.

Tandis que je mettais mes emplettes dans mon sac la caissière s'est aperçue que certains achats qu'elle m'avait facturés appartenaient en fait au client qui me suivait et elle a arrêté ses opérations. Le client était un noir d'une quarantaine d'années. Les achats en question étaient un paquet de 30 oeufs, et deux paquets de yaourts buvables plus un autre paquet. Il fut question qu'il me rembourse les achats que j'avais payés pour lui mais il n'avait pas de liquide. Il ne pouvait pas non plus retirer de l'argent avec sa carte bancaire. Je ne savais pas quoi faire. Finalement la caissière a appelé une supérieure qui est venue et m'a dit de me faire rembourser les achats en question au service clientèle. Elle les a placés dans un chariot et s'est dirigée vers les ascenseurs. Je l'ai suivie puis lui ai demandé de ralentir car je voulais placer mon sac à dos qui pesait lourd dans le chariot. Dès lors elle n'a plus voulu tirer le chariot et c'est moi qui l'ai tiré. Une fois dans l'ascenseur, nous sommes descendues au premier puis au deuxième sous-sol car quelqu'un avait appuyé sur ces boutons. La femme était nerveuse, elle avait peur que nous arrivions trop tard. Je lui ai demandé à quelle heure le service fermait et quelle heure il était. Nous avions largement le temps. Je lui ai conseillé de se relaxer, que parfois on traversait une journée semée de contretemps et qu'il fallait l'accepter sans se crisper. J'étais moi-même d'un calme olympien. Le remboursement d'un montant de 13€+ s'est effectué sans problème et les deux dames et moi nous sommes quittées en nous souhaitant une bonne journée.

Lundi 28: J'ai correspondu avec le vendeur du terrain de Blond dès qu'il m'eut envoyé les documents que je lui avais demandés. Comme la partie constructible en bordure de route est très humide je cherchais un moyen de l'assainir car il m'avait dit lors de la visite, que l'eau semblait venir de la colline de l'autre côté de la route. Avant d'étudier ce qu'un terrassier pouvait faire à mes frais, je voulais m'assurer que la municipalité avait fait le nécessaire de son côté. Alors j'ai demandé au vendeur s'il existait un fossé car il ne me semblait pas en avoir vu. Il m'a répondu qu'il existe en effet mais qu'une buse le rend invisible. J'ai demandé si la mairie était à jour de l'entretien car peut-être y avait-il une obstruction qui faisait déborder la canalisation sur le terrain. Après plusieurs échanges il est apparu qu'il ne fallait rien attendre de ce côté car l'eau était conduite vers un exutoire spécial auquel il ne fallait pas toucher, mais j'ai cru comprendre que la canalisation recueillait les eaux pluviales depuis le centre du village mais qu'il n'y avait rien pour évacuer les eaux à la sortie de ce dernier. Il a fini par me dire que si je faisais poser des drains je pourrais construire ma maison en toute sérénité. Mais une sérénité qui coûte un bras! Et à ce prix on perd sa sérénité. Je lui ai quand même donné le feu vert pour demander des devis.

Sur un forum j'ai lu que les gros arbres sont parfois responsables de l'humidité qui persiste sur un terrain même après des frais lourds de pose de drains. Comme il y a sur le terrain, en face de l'accès et à une quinzaine de mètres, un chêne gigantesque, je me suis dit que cet arbre pouvait être la cause de l'humidité, et qu'avec son système de racine étendu sur une grande surface il est capable de pomper l'eau qui ruisselle de la colline, et rend la partie constructible si humide. Je proposais donc de faire abattre ce chêne en expliquant mes raisonnements. Comme je proposais au vendeur de continuer à cultiver les terres qu'il avait rendues aptes au maraîchage, je voulais en contrepartie pouvoir rendre cultivable la partie du terrain directement derrière la future maison, et le chêne m'en empêchait.

Que n'avais-je pas dit! Le vendeur a refusé tout net et m'a dit qu'il préférait attendre et vendre à quelqu'un qui saurait mieux que moi apprécier la majesté de cet arbre multi-centenaire. Je lui ai répondu un message assez long, disant que j'étais très déçue car il m'avait semblé que nous pourrions nous entendre et coopérer harmonieusement, lui en produisant des légumes et moi en les mettant en conserve ou en les cuisinant et en les vendant à emporter ou à consommer sur place dans une partie du futur bâtiment. Que je voulais me préparer pour les bouleversements de tous ordres qui se faisaient déjà sentir et rendre cultivable la plus grande surface possible et que je ne pouvais pas me payer le luxe de garder un arbre qui posait problème pour la culture et la construction. Bref, c'était foutu.

Je n'aurais pas eu idée d'abattre cet arbre si je n'avais pas vu qu'il penchait. Il suffirait alors de le tirer dans le sens de son inclinaison pour le faire tomber, racines et tout. Se débarrasser des racines étant un objectif primordial.

Je crois maintenant que même s'il acceptait de me vendre son terrain je n'en voudrais plus car son attachement à l'arbre me laisse penser qu'il est un de ces gauchistes qui donnent trop de place à l'émotion au détriment de la raison, que tout argument rationnel ne fait que les blesser quand ils ont un attachement émotionnel à quelque chose. De plus la pensée du terrain humide me déprimait, et une fois abandonnée l'idée d'acheter ce terrain je me suis sentie soulagée.


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