Journal de la Femme à Abattre



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Paris, mai 2019

Samedi 11: La semaine dernière j'ai téléphoné à la propriétaire de la maison de Blanzac pour lui dire que je voulais acheter sa maison pour 24K. Elle m'a dit qu'elle allait en parler à son frère et qu'elle me rappellerait en début de semaine. Je n'ai rien entendu puis avant-hier elle m'a envoyé des textos où elle me dit de parler à son frère car c'est lui qui est en charge. C'était le lendemain du 8 mai, fête de l'Armistice, et avant d'appeler Dumonteil j'ai voulu faire la liste de tous les documents qu'il devrait me présenter avant de conclure la vente. Mais quelque chose me turlupinait. Je pensais au sol du rez-de-chaussée. Dans la cuisine il y avait un carrelage qui ne me plaisait pas, faussement rustique mais visiblement produit en grande série, et les autres pièces avaient un sol nu, et il m'est revenu en mémoire que ce sol était une chappe de béton.

C'est alors que je me suis dit qu'il faudrait faire sauter cela pour rendre à la maison sa perméabilité indispensable pour éviter la condensation qui fait pourrir les murs et les bois. Mais après y avoir réfléchi et m'être renseignée sur la réalisation technique de ces travaux, je me suis dit que c'était impensable, que cette maison ne valait pas le coût très onéreux de cette opération, et que la maison était bel et bien fichue. En fasant la rénovation dans les années 70 avec des matériaux modernes ils avaient tué la baraque. On voyait que le propriétaire avait engagé des frais importants: il avait fait installer le chauffage central, des radiateurs, une chaudière à bois dans une pièce du devant, des sanitaires, mais tout avait l'air bricolé et les tuyaux de cuivre qui couraient partout étaient très laids. Le ballon d'eau chaude au-dessus de la baignoire était insuffisant et il en avait fait poser un plus grand de 150 litre. Bonjour la facture EDF! Je m'étais dit que pour que je m'y sente bien il faudrait virer tout ça, mais la chape de ciment au rez-de-chaussée, je n'y pouvais rien et c'était la fin du projet.

Il y avait par ailleurs une rangée d'arbres en face de la maison qui cachait la vue sur le grand pré, et je trouvais cela dommage car j'aurais aimé, en regardant par la fenêtre, que mon regard puisse embrasser la vaste étendue. Je me suis dit que ces arbres servaient peut-être de coupe-vent, mais le pré étant au sud de la maison, ça ne devait pas être le cas. Alors pourquoi? J'ai fini par comprendre que l'accès au champ, par le côté, était en face de la porte de l'étable. Ces arbres servaient donc à guider les vaches vers le pré, à les empêcher d'aller sur la route. Il faudrait abattre ces arbres si j'achetais la maison. Encore des frais! Mais maintenant ce n'était plus la peine d'y penser.

Lundi 20: J'ai terminé le tricot de l'écharpe jaune et verte. Elle est assez réussie. La partie dentelle de fleurettes est jaune et au point mousse donc épaisse, aux deux extrémités, et la partie du milieu est vert-feuillage, dans une dentelle de feuilles. C'est l'écharpe qu'on porte à la fin de l'hiver quand on a hâte que vienne le printemps. Il me reste à la mettre en forme et à la photographier, mais la fin du tricot était assez excitante car à un endroit j'ai diminué des deux côtés pour faire la quatrième pointe, de même que j'avais augmenté des deux côtés au début. Et une fois cette partie atteinte tout va très vite et on a hâte d'en finir et on se presse, comme le cheval fatigué qui se sent proche de l'écurie.

Hier toute la journée j'ai exterminé des souris car elles étaient devenues trop nombreuses et faisaient du bruit la nuit qui m'empêchait de dormir.

Du côté de la copropriété j'ai reçu une convocation à l'assemblée générale annuelle, ainsi qu'un mise en demeure de payer 17.000 euros+ pour le ravalement de la façade, réparation du toit et pour les charges trimestrielles impayées.

J'ai aussi reçu en copie une lettre de Sophie à un avocat. Elle et Elisabeth sont d'accord pour demander un partage judiciaire mais du côté des autres héritiers il y a de nombreux problèmes car principalement, des trois enfants d'Agnès, Mathias est incarcéré à Bali. J'avais appris en faisant des recherches qu'il avait fait une escroquerie dans une opération immobilière là-bas. Maintenant il est à même d'apprécier le paradis de Bali à plein temps.

Cela fait longtemps que les emails des divers héritiers ont cessé de me parvenir alors qu'au début de la succession de ma mère, tous les intéressés faisaient de nombreuses remarques et demandes. La mort d'une soeur et d'un frère avait multiplié les tête de l'hydre, et ce n'était plus six co-héritiers à qui je devais m'affronter mais dix car je compte seulement les deux fils aînés de François, ceux nés de son mariage avec sa femme française, les quatre autres, métis, étant au Togo avec leur mère et autant que je sache, laissés à l'abandon et sans tuteur pour les représenter.

La semaine dernière j'ai appelé un cabinet de notaire proche de chez moi pour être aidée lors de l'acquisition, le cas échéant, d'un bien immobilier. Mais le notaire qui a pris mon appel m'a demandé quel serait le montant de la transaction et quand je lui ai dit qu'il serait de 30.000€ maximum, il m'a dit que pour ce montant ce n'était pas la peine que j'aie un notaire personnel et que je pouvais signer la vente avec le notaire du vendeur. J'étais assez surprise que le refus de me prendre pour cliente soit motivé par le faible montant de la transaction.

Sophie dans son email dit que je refuse de me faire représenter par un notaire et par un avocat. Quel culot elle a de dire cela, alors que chaque fois que j'ai voulu me faire assister par un de ces professionnels, ils ont été retournés contre moi tout en me réclamant des honoraires salés.

Jeudi 23: Depuis deux jours j'ai repris la rédaction de BNNY. Le chapitre 38 sortira à la prochaine publication. La reprise de cette entreprise de longue haleine après un repos de trois mois m'a donné du bonheur. Je me suis sentie plus comblée après avoir écrit pendant deux séances successives qui ont totalisé 20Ko sans que j'aie eu à me creuser la tête pour faire remonter les souvenirs. Je suis parvenue à surmonter mes émotions et il a fallu que je m'y prépare car les événements récemment évoqués étaient particulièrement éprouvants.

Aujourd'hui c'est le 29ème anniversaire de l'attentat de New York où j'ai failli être écrasée par un bus.

Mardi 28: Vendredi dernier je suis allée pour la première fois à l'Assemblée Générale des copropriétaires. Il y avait ma soeur Sophie que je n'avais pas vue depuis une dizaine d'années, Mr Phung du salon de beauté et Mr Ung Junior, le fils du propriétaire du restaurant.

C'était la première fois que je voyais Mr Henry mais nous nous étions déjà parlé au téléphone et j'en avais un mauvais souvenir. C'était un homme d'une soixantaine d'années, tout de noir vêtu avec des cheveux blancs rassemblés à l'arriere en queue de cheval.

Je m'attendais à faire connaissance avec les nouveaux propriétaires, ceux qui avaient acheté les appartements qu'Elisabeth et Sophie avaient vendus mais nous n'étions que les 4 sus-nommés. J'ai entendu parler de deux problèmes vieux de plus de quinze ans qui n'ont pas été résolus: la poignée de la porte de secours au sous-sol chez Phung, de même qu'une fuite d'eau qui vient de son plafond dans la boutique.

J'ai pour ma part parlé des fuites d'eau venant de l'étage supérieur dans ma salle d'eau, ainsi que du ruissellement le long de la colonne d'eau, qui lui est une partie commune et dont la coprop est responsable. Henry a dit qu'il allait venir voir dès la semaine prochaine car c'était sa responsabilité du moins concernant la colonne d'arrivée d'eau qui est une partie commune.

J'ai aussi dit que j'avais une invasion de souris. J'ai expliqué que le ruissellement a fait pourrir le bois du parquet, et que les souris ont rongé ce bois à l'endroit où le plancher et les murs se rencontrent; que pour remédier de façon durable au problème de souris il faudrait réparer le parquet, ce qui entraînerait des frais considérables. Sophie a dit que c'était raison de plus pour faire cesser les fuites d'eau.

Mr Henry nous a parlé du ravalement qui est exigé par la Ville de Paris, il nous a fait circuler une lettre du service municipal concerné demandant que ce ravalement soit fait dans les meilleurs délais. Il nous a expliqué qu'il n'y avait pas suffisamment de fonds pour faire le ravalement de la façade et du côté cour, mais qu'il pourrait faire faire le côté cour. Et pour cela il proposait de faire installer l'échafaudage en passant par le toit car il ne voulait pas que les résidents soient dérangés si les pièces de l'échafaudage étaient rentrées dans l'immeuble puis sorties par la porte qui donne sur la cour au demi-étage. Cette idée paraissait ahurissante mais je n'ai rien dit. Quelqu'un a demandé si cela n'allait pas coûter plus cher.

Il y a eu une discussion au sujet des héritiers mineurs de François, ses enfants avec sa femme togolaise, dont deux seulement ont été reconnus par leur père. Cela fait une complication et une séparation entre les deux groupes, ceux qui sont légitimes et ceux qui ne le sont pas, en plus des deux fils blancs, enfants de son premier mariage avec Sophie Bergulian. Mais enfin je croyais qu'ils étaient mariés alors pourquoi deux des enfants seraient-ils illégitimes? Bref pour ces mineurs il faudra un représentant légal dans le partage judiciaire qu'Elisabeth et Sophie ont demandé.

Sophie m'accuse toujours de « tout bloquer » mais refuse toujours de me donner une copie du document de partage homologué par la cour d'appel de Rouen, et ne voit pas de rapport. Elle a tellement pris l'habitude, comme le reste de la famille, de toujours blâmer autrui.

Elle a manifesté de la hâte d'en finir avec la réunion car elle avait un rendez-vous apparemment. J'aurais souhaité qu'on se parle après la clôture de l'AG. Elle a demandé à aller aux toilettes et Mr Henry du Syndic Parry's Immo qui menait l'AG lui a indiqué un endroit derrière moi. Sophie y est entrée et je ne l'ai pas vue en sortir.

J'ai remis à Mr Henry un pli contenant un chèque d'un peu plus de 2.000€ représentant mes charges de copropriété depuis le dernier paiement il y a deux ans environ. Je lui avais dit que je paierais ma quote part des travaux de ravalement après consultation du devis retenu, et je renouvelais cette demande dans le mot qui accompagnait le chèque.

Dans le texte de l'ordre du jour il y a une résolution qui dit que les copropriétaires désireux de consulter les comptes en-dehors de la seule journée annuelle une semaine avant l'AG devront le faire après s'être acquittés des honoraires en vigueur. J'ai demandé pourquoi il fallait payer pour examiner les comptes. Henry a répondu que cette clause ne concernait que les associations de locataires qui cherchaient des poux dans la tonsure du Syndic, mais il ne le précisait pas dans le texte de la résolution et l'on pouvait croire qu'il essayait par ce moyen de dissuader quiconque de mettre le nez dans ses comptes.

Il a été question du ravalement décennal pour lequel le syndic me réclame ma quote part de 15.000€ ce qui me parait lourd, sachant que je possède 130/2500èmes. Dans ce cas le budget du ravalement serait de 15.000:130 x 2500 = 288.461,52€.

Toutes les résolutions ont été approuvées à l'unanimité, je n'ai fait obstacle à aucune. Sophie avait reçu mandat de Véronique et Elisabeth (en tant qu'héritières de notre mère) mais Norbert avait donné mandat à Phung.

À la fin, j'ai demandé à Phung s'il était en voiture. Il m'a répondu précipitamment que non, il fallait être fou pour circuler en voiture dans Paris. Cela m'aurait bien rendu service, tant pis. Je crois qu'il voulait surtout lui aussi éviter d'avoir une conversation avec moi.

Henry m'a suivie sur le trottoir. La dernière fois que nous nous étions parlé cela remontait loin, vers 2005, quand je lui avais demandé de faire installer immédiatement la fermeture électrique de la porte de l'immeuble car l'emplacement du boîtier pour le clavier digicode était vide, ce qui annonçait à tout malfaiteur qu'il pouvait entrer à sa guise. Cela me faisait peur. J'étais traumatisée par l'agression qui m'avait causé une double fracture de la jambe droite. Je savais qu'il y a toujours des gens en quête d'une opportunité pour violer la loi et j'étais indignée que le Syndic ne s'emploie pas à faire faire l'installation nécessaire dans les plus brefs délais, comme s'il invitait en quelque sorte les malfaiteurs à entrer dans l'immeuble. En fait l'accès a été libre pendant plus d'un an et je me suis dit que si tel était mon sort, d'être agressée par un inconnu dans l'escalier, je m'en remettais à Dieu. Mais Henry avait réagi de façon hautaine et insultante, une réaction tout à fait inappropriée de la part d'un syndic envers un copropriétaire et je n'avais plus jamais voulu lui parler.

Et maintenant il faisait allusion à cette lointaine conversation téléphonique, essayant de m'amadouer. Il a promis qu'il s'occuperait des fuites dès la semaine prochaine «...car on ne va pas vous laisser vivre dans un logement indigne. »

Mardi 28: En revenant de la laverie j'ai rencontré Mr Ung qui a demandé à me parler. Nous étions debout sur le palier du premier étage. Je lui ai demandé ce qu'il avait à me dire. Il m'a dit que son fils lui avait dit que je désirais vendre mon appartement, que si je confiais la vente à une agence où fasais la vente par adjudication je devrais payer des frais alors que si on traitait sans intermédiaire il n'y aurait pas de commission à payer, et qu'il souhaitait l'acheter. J'ai dit que je voulais bien lui vendre mon appart, qu'il faudrait se mettre d'accord sur un prix au mètre carré, et qu'il faudrait qu'il me donne un délai de six mois après la vente pour que je trouve où me reloger. Il a dit d'accord.

Je lui ai demandé si c'était lui qui avait acheté les appartements de mes soeurs. Il a répondu par l'affirmative. Et si c'était lui qui allait acheter les 4 appartements de ma mère. « Oui, » a-t'il répondu, « petit à petit. » À ce moment les deux portes de ses locaux se sont ouvertes et des employés sont sortis et rentrés dans un manège bruyant et dérangeant qui nous a forcés à chercher un endroit plus convenable pour parler. Je suis montée au palier du demi-étage où il y a la place pour deux personnes. Je lui ai dit qu'il y avait deux fuites d'eau qui venaient des étages supérieurs. Il a dit que ce n'était pas un problème. Il a dit qu'il voudrait voir les papiers de l'appartement. Je lui ai répondu que l'appartement était inscrit à mon nom au service de Publicité Foncière mais que je n'avais pas d'acte de notaire. Il a dit que ce n'était pas un problème. Il a dit qu'il voudrait faire mesurer l'appartement pour en connaître la surface exacte, et qu'il aurait besoin des... à ce moment je suis venue à son aide. «...des diagnostics? » « Oui, des diagnostics. Est-ce que vous connaissez quelqu'un qui pourrait vous les faire? » J'ai dit que non. Alors il a dit qu'il connaissait quelqu'un agréé par l'État qui pourrait les faire.

Je lui ai dit que je ne comprenais pas pourquoi il voulait faire mesurer mon appartement et avoir les diagnostics car s'il possédait déjà les appartements en-dessous et au-dessus du mien, il devait déjà en connaître la surface, quant aux diagnostics, il devait savoir déjà qu'il n'y avait ni plomb ni amiante dans le bâtiment et aucune installation collective de chauffage. Mais je voulais bien lui vendre mon appart, il suffisait de se mettre d'accord sur le prix au mètre carré. Nous en sommes restés là, lui me promettant qu'il allait faire le nécessaire de son côté et qu'il m'appellerait.

Mais le mois s'est terminé sans que ni lui ni Henry ne se manifeste et sans que je reçoive copie du devis de ravalement comme je l'avais réclamé au Syndic et les fuites ont continué comme d'habitude.


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