Journal de la Femme à Abattre



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Paris, septembre 2019

Jeudi 5: Le 1er de ce mois j'ai mis en vente sur eBay des lots de pelotes de laine. Il s'agit de laine pour des aiguilles de 5mm qui est bien quand on débute. C'est de la pure laine traitée infeutrable, d'une grande marque.

J'ai presque terminé le demi-devant de mon cardigan rose. J'ai fait une pince de poitrine qui m'a donné quelques difficultés car j'avais oublié la technique, mais je m'y suis reprise et suis satisfaite du résultat. J'ai fait les diminutions d'emmanchure, j'ai donc presque fini ce demi devant.

En même temps j'ai fait de la teinture végétale avec de la GAUDE (reseda luteola). Cette plante donne un beau jaune. Pour le résultat le plus lumineux il ne faut pas dépasser une température de 70°. J'ai appris cela trop tard pour le premier bain. Le premier bain était le deuxième bain de cinq échevaux que j'avais teints il y a plusieurs mois et dont la couleur était trop pâle à mon gôut. J'ai bien aimé le résultat.

Pour extraire le pigment j'ai fait bouillir la plante dans deux bains successifs. Le lendemain j'ai fait l'extraction « à la japonaise » en mettant un additif dans le bain, dans deux bains successifs, puis j'ai rassemblé les 4 bains et c'est là-dedans que j'ai plongé mes échevaux.

J'ai eu une difficulté imprévue car après avoir filtré le matériel végétal, au moment de mettre l'additif des flocons visqueux se sont produits et il était impensable de faire la teinture dans ce liquide trouble. J'ai dû filtrer à nouveau pour éliminer ces flocons.

J'ai préparé un deuxième groupe d'échevaux, il s'agit de laine de pays, 3 échevaux gris clair et 2 écru. J'ai d'abord dû les mordancer. Tout cela est facile mais assez laborieux, d'autant plus que j'avais mis plusieurs échevaux en pelotes, que j'ai dû remettre en échevaux pour pouvoir les mordancer et teindre.

J'ai eu envie de mettre en vente les 7 échevaux de laine écrue mais je me suis ravisée car c'est de la laine de pays non traitée et c'est ce genre de laine avec lequel je veux travailler désormais. J'ai donc décidé de la teindre, de teindre de la blanche et de la grise naturelle dans le même bain pour voir le résultat.

J'ai éprouvé un grand sentiment de stisfaction et de plénitude en me mettant à la teinture. Pendant le long processus d'extraction du pigment, de mordançage et de teinture proprement dite, je me suis souvenue qu'enfant déjà j'étais intéressée par la teinture végétale. Quand mes soeurs et moi partions en vacances en deux groupes dans des lieux différents, j'avais imaginé qu'on fasse dans nos deux lieux différents, une chasse au trésor et que, de retour à la maison familiale, nous examinions les trouvailles de chacune. Ce n'était pas un concours car il ne devait pas y avoir de gagnant, c'était juste un prétexte pour explorer l'environnement dans lequel on se trouvait. Et je me souviens clairement que parmi les trésors que nous devions chercher, il y avait des fossiles et des plantes tinctoriales! Mais j'avais été la seule à faire cette chasse et nous n'avions jamais comparé les résultats au retour. Ceci pour dire que mon intérêt pour la teinture vég"tale remontait à mon enfance et en satisfaisant ce désir je trouvais une sorte de contentement profond.

Aussi, quand j'habitais place du Colonel Fabien dans le Xème, donc c'était en 1973 ou 74, j'avais rencontré une amie de ma sœur Sophie, ou plutôt une connaissance, car c'était la fille de Dürrbach, un ami de son mari. Cette Glorvina était une artiste. Elle et moi nous étions rencontrées à Paris, et je lui avais confié que j'étais obsédée par la couleur. Je ne pensais pas à la couleur ayant pris forme, mais à la couleur dans l'abstrait, et je n'arrivais pas à penser à autre chose. C'était une véritable obsession, alors que j'aurais pu penser à mille autres choses car c'était seulement deux ou trois ans après le viol collectif dont j'avais été victime, j'aurais pu penser à des rôles dramatiques puisque je prenais des cours à l'école Charles Dullin, ou penser à mon futur avec le jeune homme avec qui je partageais deux chambres de bonne au n°6 de la place. Ainsi je n'avais parlé que de couleur à cette jeune femme. Elle m'avait suggéré d'étudier le costume de théâtre.

Donc la couleur fait partie de mon être profond et en travaillant avec, je satisfais un besoin vital et cela me procure du bonheur, tout simplement.

J'ai regardé deux reportages sur des affaires criminelles. Le deuxième concernait une affaire non-élucidée du double homicide Picard-Creton. Je m'y étais intéressée après avoir regardé le premier reportage de la série Non Élucidé, j'avais trouvé le narrateur principal suspect et avais écrit à l'avocat de la partie civile pour lui faire part de mes impressions.

Avec ce nouveau reportage, j'ai appris de nouveaux éléments. On voit une reconstitution de la scène du crime telle qu'elle est apparue aux policiers à leur arrivée. Je pense avoir compris le mobile du crime et j'ai écrit un email à Appel à Témoin comme je l'ai fait précédemment pour l'affaire Bouchon et l'affaire Boisseranc.

Mercredi 11: Tout à commencé jeudi dernier: en regardant les statistiques de mon site j'ai vu qu'un site mettait un lien vers le mien. J'ai suivi le lien vers le site en question. C'est un forum consacré à l'affaire dudit Grêlé, l'auteur présumé de l'homicide et du viol d'une fille de 11 ans nommée Cécile Bloch en 1986. Un membre du forum récemment inscrit faisait référence de façon élogieuse à mon analyse de l'homicide de Karine Leroy et mettait le lien vers ma page. La co-administratrice du forum lui a répondu que j'étais «très... dérangée ». Une femme nommée Ruth a renchéri en tenant des propos diffamatoires sur plusieurs lignes.

Voulant répondre, j'ai essayé de m'inscrire mais n'y suis pas parvenue car soit l'adresse e-mail était déjà inscrite soit le mot de passe ou le nom d'utilisateur était mauvais. J'ai contacté l'administrateur qui m'a dit que je n'étais pas inscrite sur le forum. Je fais grâce au lecteur d'autres difficultés qui auraient mis la patience d'un ange à dure épreuve, et finalement hier j'ai réussi à m'inscrire en utilisant mon adresse sur Yahoo. Aussitôt j'ai envoyé un message privé à la co-administratrice, lui disant qu'elle devrait donner l'exemple mais qu'elle violait les conditions d'utilisation de son propre site en tenant des propos diffamatoires à mon égard et en tolérant de tels propos de la part d'autres membres. Je lui ai dit que cette infraction était passible de sanctions pénales et l'ai mise en demeure de supprimer ces posts.

Puis j'ai envoyé un MP à l'auteur du post qui donnait le lien vers mon analyse, lui disant que cela me faisait plaisir de voir que quelqu'un l'avait appréciée car les compliments étaient plutôt rares, puis je lui ai recopié mon message à la co-admin.

Un peu plus tard j'ai essayé de me connecter au forum et j'ai eu un message me disant que j'avais été bannie, mais j'ai vu que les propos diffamatoires avaient été supprimés, ainsi que le post du membre qui avait fourni le lien vers mon site.

Il m'avait bien semblé qu'un autre co-admin que j'avais contacté pour qu'il m'aide à m'inscrire, y mettait de la mauvaise volonté. J'en étais arrivée à penser que sur ce forum ils ne cherchaient pas tellement à résoudre les affaires, ils se contentaient de faire semblant et joussaient de la tragédie d'autrui et de la peur d'un tueur qui était toujours en liberté. Mais si quelqu'un comme moi essayait honnêtement de résoudre une affaire avec les moyens à sa disposition en faisant usage de ses capacités intellectuelles et réussissait à formuler une hypothèse nouvelle et plausible qui tenait compte de tous les faits connus, cette personne était mal venue et traitée de dérangée.

Hier aussi j'ai mis en ligne mon journal du mois d'août mais au moment de charger les deux photo de l'échelle à rallonge elles furent introuvables. C'est en regardant sur mon notebook, celui sur lequel j'écris, que je les ai trouvées car j'ai eu des ennuis de connexion internet à cause d'un mauvais contact de la prise ethernet, ce qui m'a contrainte à ne pas faire comme d'habitude.

Samedi 21: Depuis fin août j'ai reçu des appels sur mon portable d'une femme qui dit représenter la société 5COM chargée par Enedis d'installer les compteurs Linky. Mais elle me donnait une mauvaise adresse: elle me disait que j'habitais rue Gambetta (sans dire l'arrondissement) alors que cette rue n'existe pas. Je ne l'ai pas corrigée. Je me suis dit que si elle n'avait pas mon adresse, elle devait être de mauvaise foi et tant qu'elle ne l'avait pas j'étais tranquille. Ce serait une grossière erreur de lui dire: « Mais non! Vous vous trompez! J'habite au... » et lui donner mon adresse, surtout que je ne suis pas pressée d'avoir ce compteur « intelligent » installé chez moi.

Pour en avoir le coeur net avant-hier j'ai posé la question en ligne à une avocate qui chasse le client, de savoir si on pouvait présumer une intention coupable quand quelqu'un se faisait passer pour un installateur Linky alors qu'il ne l'était pas. Puis hier j'ai téléphoné à Enedis et leur ai demandé le nom de l'installateur agréé pour mon quartier, et elle m'a donné les coordonnées de leur installateur qui n'est pas du tout 5COM. D'ailleurs en utilisant l'annuaire inversé, les deux numéros que j'avais n'ont pas donné de réponse. Du coup les nombreux appels intempestifs ont cessé. Ouf!

Mardi 1er octobre: Jeudi dernier le 26, vers 02H30, un incendie s'est déclaré dans l'usine Lubrizol de Rouen, une usine de pétrochimie classée « Seveso haut ». Un nuage de fumée noire s'est élevé et s'est étendu dans une direction nord-est, saupoudrant la région d'une suie grasse et toxique. C'est une catastrophe sanitaire et écologique de proportions énormes mais les pouvoirs publics ont tenté dès le départ de dédramatiser pour ne pas causer de panique dans la population. Les informations et consignes sont contradictoires: d'une part on dit aux gens que les tests indiquent une qualité d'air normale et que l'air ne présente pas de « toxicité aigüe » (ce qui veut dire qu'il y a des risques à terme), mais on leur demande de ne pas utiliser d'aspirateur pour ne pas faire voler les particules, et de nettoyer avec des gants, et de ne pas consommer les fruits et légumes de leur jardin tandis qu'une odeur insupportable d'hydrocarbures règne sur la ville et rend malade les habitants avec des maux de tête, des irritations respiratoires et des nausées, et les agriculteurs ont reçu l'interdiction de commercialiser leurs produits d'élevage et leurs récoltes au moment où le mais et les pommes de terre sont prêts à être récoltés. On les menace même d'amendes salées et de prison s'ils passent outre ces consignes. Comme d'habitude les pouvoirs publics menacent.

Pour quelqu'un comme moi qui cherche à s'implanter en province et à cultiver sa nourriture, une telle catastrophe a de quoi faire réfléchir: supposons que j'aie acheté un terrain qui a maintenant été rendu impropre à la culture, je serais dans de beaux draps! Cela vous fait considérer la sagesse d'acquérir des terres de nos jours. Je suis sûre que les catastrophe de ce genre vont se multiplier. Sans parler du nucléaire. On n'est pas du tout à l'abri d'une catastrophe nucléaire.

Le directeur de Lubrizol s'est dit « très étonné » que le feu ait pris à cet endroit. D'après lui c'était dans un secteur où il n'y avait pas d'activité, où étaient stockés des fûts, (on suppose qu'ils étaient vides) et en limite de propriété avec un voisin. Selon lui le feu aurait pu commencer chez le voisin et s'étendre à l'usine Lubrizol.

Les gens ont des réactions de colère, ils veulent savoir quelles substances ont brûlé comme si cela faisait une différence. Ils veulent que soient reconnus responsables les pouvoirs publics et l'usine. Mais pour moi les automobilistes sont les premiers responsables car s'ils ne conduisaient pas des autos individuelles et consommaient moins de marchandises qui doivent être transportées par camions, une usine comme Lubrizol n'aurait pas lieu d'exister.

Personnellement, jusqu'à preuve du contraire je considère cet incendie comme un acte criminel.

En même temps que s'est déroulé cet incendie, c'est-à-dire depuis jeudi 26 mes soeurs ont envoyés divers mails au sujet de la succession de ma mère. Il y a eu des annonces inquiétantes mais comme elles mentent tout le temps il ne faut pas paniquer.

Ce mois ce termine pour moi avec un bilan très positif concernant l'écriture de mes mémoires. En effet j'ai pu me remémorer divers incidents de ma relation avec mon propriétaire quand j'habitais sur la 103ème Rue à New York, incidents que je n'avais jamais encore mentionnés nulle part, et j'ai trouvé (et scanné) des photos de mes bérets dont je parle aussi dans les chapitres 40 à 43.


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