Journal de la Femme à Abattre



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Paris, octobre 2019

Mardi 22: Je bats ma coulpe depuis une dizaine de jours, pour n'avoir rien écrit pendant si longtemps. Mais j'étais entièrement investie dans des activités qui ne m'ont pas laissé l'énergie de me mettre au clavier. Je dois donc remonter à la date du premier événement du mois.

Je n'avais reçu aucune nouvelle de ma fratrie depuis assez longtemps quand le 6 j'ai reçu un email d'Élisabeth et la réponse de Sophie. Le mail avait pour titre « informer Brigitte ». Il y était question du jugement rendu contre moi et le notaire de la succession paternelle Maître Laurent, pour avoir trop perçu de ma part d'héritage, avec l'obligation de restituer solidairement environ 140.000€. Élisabeth disait que cette somme serait prélevée de ma part de l'héritage de notre mère une fois les comptes faits, mais que je n'avais pas été notifiée du jugement donc que celui-ci ne pouvait pas être exécuté, et elle proposait de me notifier personnellement pour éviter les frais d'avocat car l'avocate du cabinet Deboeuf à Évreux était chère.

Sophie a répondu que ceci était le problème essentiel de cette succession, car celui des enfants Togolais de François passait au second rang. Elle a parlé de la vente des 4 appartements de notre mère avenue de Choisy, notant que le prix de l'immobilier ne cessait de monter à Paris. Elle disait qu'elle subissait les « calomnies » à son sujet que je publiais sur mon site internet et qu'elle me plaignais car j'étais troublée, mais qu'elle m'évitait.

Sans répondre aux divers sujets évoqués, j'ai demandé à Sophie ce qu'elle appelait mes « calomnies » en lui demandant des précisions, car elle ne pouvait pas m'accuser dans le vague, il fallait citer les propos qu'elle estimait faux. Je l'ai aussi informée qu'en droit la calomnie est appelée diffamation.

Elle a répondu que je l'ai mise en cause dans l'affaire du colis piégé. J'ai relu le texte de mon enquête et j'ai vu que ce n'était pas le cas car j'avais seulement dit qu'elle avait un motif. Je m'étais d'abord trompée de motif, croyant qu'elle voulait faire passer les tentatives d'assassinat dont j'avais été victime pour des accidents, car elle m'avait écrit en exprimant son accord sur la nature criminelle de ces actes, mais dans ses conclusions en appel elle avait parlé d'accidents, et en février 2009, époque où j'avais appris l'attentat contre son avocat Olivier Brane j'étais encore traumatisée par le dernier attentat contre moi qui remontait au 31 décembre 2004.

Je n'avais compris l'escroquerie au jugement, grâce à laquelle le partage de la succession (où je ne figurais pas, je présume,) avait été homologué (à mon insu car on m'avait empêchée d'avoir un avocat) par la cour d'Appel de Rouen en novembre 2007, que bien plus tard et j'avais révisé mon enquête dans ce sens. Je citais tous les documents sur lesquels je fondais mon opinion, et concluais que mes propos étaient fondés sur des documents écrits et que j'avais le droit d'exprimer mon opinion. Je n'avais pas dit que c'était elle, Sophie, qui avait livré le colis piégé, seulement qu'elle avait un mobile, car après avoir perpétré l'escroquerie au jugement avec l'aide de son avocat elle avait pu vouloir se débarrasser de lui pour s'assurer de son silence.

J'ai conclu en disant que non seulement j'avais été écartée du partage, mais encore que l'appartement où j'habite ne m'appartient pas en titre car je n'ai jamais signé aucun acte de mutation, et que je ne peux ni l'hypothéquer ni le vendre, et qu'en dépit de cela mes cohéritiers veulent exécuter un jugement qu'ils n'ont pu obtenir contre moi qu'en m'empêchant d'avoir un avocat pour me défendre, et qui me réduirait à la ruine totale.

J'ai été satisfaite que la fille d'Agnès, Éléonore, ainsi que les fils aînés de François, Youri et Colin, prennent connaissance de ces faits car je suis sûre qu'on ne leur a jamais rien dit, ou du moins, jamais la vérité. Et j'ai éprouvé un certain soulagement qui m'a libéré de l'énergie.

Quelques jours après ce mail qui n'a pas reçu de réponse, j'attendais des livres commandés en ligne. La livraison était indiquée pour 16H30 et j'étais chez moi pour la recevoir mais à 17H30 je n'avais toujours rien reçu. Mais à ma stupéfaction, le suivi de livraison indiquait que le colis avait été remis au voisin! Pourquoi au voisin alors que j'étais chez moi?

Vers 19H j'ai frappé à la porte de ma voisine (Élodie Bouchez) mais n'ai pas eu de réponse. J'ai alors frappé chez mon autre voisine de l'appartement de gauche, qui m'a dit ne pas avoir reçu mon colis. Je suis rentrée chez moi mais peu de temps après j'ai entendu le claquement sonore de la porte de Miss Bouchez. Je suis sortie rapidement et ai vu une femme qui montait l'escalier vers le 3ème. Je l'ai appelée. Je lui ai demandé si elle sortait de l'appartement de Miss Bouchez. Elle m'a dit oui. Je lui ai demandé si elle avait reçu mon colis. Elle a dit que non et qu'elle n'était pas Miss Bouchez. Je lui ai demandé si Miss Bouchez était chez elle. Elle m'a dit oui. J'ai alors frappé à nouveau à l'appartement de Face, et la porte s'est entrebâillée sur une femme très grande, assez jeune et à la mine renfrognée. Je lui ai demandé si elle avait reçu mon colis. Elle m'a dit non sans le moindre sourire et elle a refermé la porte. Je suis à nouveau rentrée chez moi et j'ai à nouveau regardé la page de suivi de livraison. Cette fois, le détail de livraison disait « remis au voisin dans la boîte aux lettres ».

J'ai re-pensé à ma voisine. En fait je n'ai vraiment jamais su qui elle était. J'ai vu beaucoup de jeunes femmes se succéder dans cet appartement, une entre autres avec des cheveux longs frisottés que j'ai prise pour la locataire en titre. En tout cas je n'avais jamais vu cette géante. C'était vraiment la première fois que je devais lever la tête pour parler à quelqu'un. Je n'avais jamais eu cette expérience auparavant, de me sentir toute petite avec mon 1,73m de hauteur. Était-ce une manœuvre d'intimidation? On aurait donc choppé le livreur au moment de la livraison, et lui aurait demandé moyennant finance de déclarer le colis livré à la voisine dans le seul but de me forcer à la rencontrer et me faire sentir intimidée à la vue de cette personne gigantesque à la mine renfrognée?

Avec ma nouvelle énergie j'ai enchaîné avec une opération de nettoyage domestique pour effacer les traces crasseuses que les souris ont laissées à maints endroits dans mon appartement. J'ai pris conscience que mes ennuis dans ce domaine ont commencé quand j'ai pris peur et ai voulu stocker de la nourriture. J'ai donc acheté des étagères de cuisine en bambou pour ranger mes provisions et quand les souris sont arrivées elles ont investi les tiroirs de ces étagères. J'ai donc jeté les tiroirs qui étaient faits dans du textile, mais elles ont continué à fréquenter ces étagères, laissant des salissures partout.

Il m'a fallu beaucoup d'efforts pour nettoyer une de ces deux étagères, et j'ai fini par la percher sur un meuble bas dans ma chambre, et j'y ai rangé des livres. J'avais constaté que les souris parviennent à grimper même sur une paroi lisse en s'appuyant du dos, si la paroi est suffisamment proche du mur. Elles sont comme les alpinistes: elles ne voient pas un sommet qu'elles ne désirent atteindre et elles ne s'avoueront vaincues qu'en tout dernier ressort, après avoir tout essayé.

Ensuite j'ai vidé cette étagère pour nettoyer derrière le meuble bas et je l'ai laissé à 5cm environ du mur pour empêcher les souris d'y grimper, puis j'ai réinstallé l'étagère et les livres. J'ai aussi enlevé la table qui était dans ma chambre et l'ai mise dans la cuisine à la place de la table à repasser sur laquelle j'avais fait toutes mes préparations jusqu'alors car j'aimais sa hauteur. J'ai nettoyé un recoin à droite de la cheminée, sous des étagères d'angle. C'était difficile mais il fallait le faire. J'ai eu du mal à la sortir, cette table. Je me souviens que pour la faire entrer, quand Véronique s'était présentée à ma porte seule avec ce meuble sans accord préalable, nous avions eu du mal à lui faire passer la porte de ma chambre, et ma soeur faisait aussi une drôle de mine. Maintenant l'espace entre mon lit et la fenêtre est pratiquement vide et j'aime bien regarder par la fenêtre ouverte quand je suis allongée et le ménage est plus facile à faire.

J'ai ausi fait des réparations électriques: mon chargeur de téléphone était kaputt car les souris avaient rongé le fil et je ne pouvais plus téléphoner. J'ai commandé deux chargeurs sur Amazon, qui ne sont jamais arrivés. Je me suis tournée vers LeBonCoin où j'ai trouvé quelqu'un dans le 13ème près de chez moi qui en vendait un pour 5€. Nous nous sommes donné rendez-vous à l'entrée d'un supermarché. La fiche correspondait bien à mon téléphone et je l'ai acheté. Mais avant même que je la paie elle avait commencé à me raconter qu'elle avait eu des problèmes avec une caissière qui ne lui avait pas rendu toute la monnaie sur son billet de 50€. Elle avait un accent allemand. Je lui ai demandé si elle était allemande, elle m'a dit oui, puis elle a continué son histoire.

Je lui ai dit que j'avais eu le même problème moi aussi. Elle m'a demandé comment cela s'était résolu. Je n'avais aucune envie de parler de cela mais je lui ai quand même raconté brièvement puis elle a continué sur le même sujet. Pour en finir je lui ai dit qu'elle n'avait qu'à payer par carte. Elle a suggéré de passer aux caisses automatiques. Et voilà, plus de problème! Je l'ai quittée sur ces paroles car j'avais hâte d'en finir et je lui en voulais d'avoir monopolisé les quelques minutes de notre entrevue avec ce sujet dont j'avais d'ailleurs parlé dans mon journal en ligne. Elle m'a de cette façon avertie qu'elle était contrôlée par mes ennemis et a ainsi empêché toute communication sincère entre deux inconnues alors que nous aurions pu, étant à peu près du même âge, avoir un contact sympathique.

Arrivée chez moi j'ai vu que la référence du chargeur que je venais d'acheter n'était pas la même que celle du mon chargeur. J'ai tout de même branché mon téléphone pour le recharger et une fois avertie que la batterie était pleine, j'ai essayé le téléphone mais il n'a pas fonctionné, l'écran est resté noir. Alors, un peu inquiète d'avoir cramé mon téléphone, j'ai essayé de le sauver si possible, et j'ai sectionné le fil du nouveau chargeur et celui de l'ancien, puis j'ai greffé le fil neuf sur le chargeur ancien en dénudant la gaine puis en brûlant sur le petit feu de ma cuisinière les fils de l'intérieur, et en les enroulant ensemble en respectant les couleurs, et après une mise en chargement assez brève mon téléphone a repris ses fonctions normalement. J'étais très soulagée et fière de moi.

Le fil de téléphone qui reliait la prise murale à ma Livebox était lui aussi rongé par endroits. Comme il faisait trois mètres de long je l'ai sectionné pour éliminer les deux mètres les plus abîmés, puis j'ai greffé la prise RJ11 de la partie rejetée sur la longueur en meilleur état que je conservais. Rien de sorcier! J'ai par sécurité placé un crayon en bois entre les deux fils pour qu'ils ne se touchent pas là où j'ai branché la prise sur mon routeur et cela a bien fonctionné mais j'ai tout de même commandé des fils car ce n'était qu'une solution de secours.

J'ai également remplacé la pince en plastique de ma loupe flexible qui avait cédé car elle ne supportait plus le poids de l'ensemble, par une pince en métal que j'avais récupérée dans un magasin qui soldait tout avant fermeture définitive. Ce genre de pince métallique ne court pas les rues. On ne les trouve qu'en association avec des lampes, jamais seules.

Ces petites réparations m'ont procuré un sentiment agréable. J'ai constaté qu'une femme seule ne peut pas se contenter de faire des ouvrages dits de dame car il n'y a pas d'homme au foyer pour assurer l'entretien des appareils et du matériel. Elle doit donc surmonter son aversion instinctive, s'équiper de quelques outils et le faire elle même.

Je passe un temps fou à regarder les annonces immobilières pour des biens, terrains ou maisons, à 25K€ ou moins. Je regarde aussi les cartes, sur le site lui- même puis sur Google et aussi parfois sur Géoportail. Je ne sais pas si je veux vraiment, sérieusement, acquérir un bien immobilier car à ce prix soit je devrai construire sur un terrain nu, soit je devrai rénover une maison en mauvais état avec des finances que je n'ai pas, ce qui me condamnerait à vivre dans un taudis, soit à acheter un bien dans un état correct mais mal placé, comme c'est le cas avec le bien près de Sancoins qui a un grand terrain mais dont la maison est en bord de la départementale qui relie Moulins à Bourges, et est très fréquentée par les poids lourds. De plus je me rends compte que je mets deux jours à récupérer pour pouvoir marcher avec une douleur tolérable après m'être dépensée physiquement.

Pourtant je rêve et j'ai besoin du contact et de l'environnement rural que j'ai connu dans mon enfance, et je continue à chercher un moyen de l'atteindre. Mais quand je creuse la réalité en lisant les journaux régionaux je vois que la vie en province est pleine d'inconvénients.

Je me suis donné une date limite du 31 octobre pour la rédaction de la charte du parti UPR de François Asselineau. C'est la première fois de ma vie que je me joins à un parti politique et ce travail est bénévole mais j'ai du mal à le structurer.

Vendredi 25: Hier matin j'ai voulu me mettre au travail le plus tôt possible et je suis sortie à 9 heures pour profiter de l'absence de clients si tôt dans le supermarché. Mais alors même que la porte d'entrée se refermait je me suis rendu compte que mon sac n'était pas avec moi. Je l'avais laissé à l'intérieur et je me suis retrouvée sans argent ni pièce d'identité ni carte bancaire.

J'ai d'abord expliqué ma situation à un employé du restaurant et lui ai demandé s'il pouvait me prêter l'échelle qui est dans la cour pour que je puisse monter à l'étage et entrer par la fenêtre de la cuisine, mais il aurait fallu briser la vitre. Il a refusé. J'ai demandé à l'employé s'il pouvait appeler un serrurier et je lui ai donné une carte publicitaire avec un numéro assurant une intervention rapide 7j/7 24h. Il a appelé et m'a tendu l'appareil mais le prix de 150€ me parut excessif et je refusai l'intervention. Je lui ai alors demandé quand Mr Ung ariverait. Il m'a dit qu'il devrait arriver avant 10H et je l'ai attendu sur un banc proche mais à 10H45 Mr Ung n'était toujours pas là. Lasse d'attendre j'ai demandé à l'employé d'appeler un autre serrurier. Celui-là voulait 180€ pour ouvrir ma porte! J'ai essayé de négocié et il a dit qu'il verrait avec le prestataire et il m'a donné RV entre 12H30 et 13H mais à 13H personne n'était venu. Finalement Mr Ung Jr est arrivé.

Je lui ai expliqué que j'étais sortie sans prendre de petit déjeûner et que je faisais tout de travers. Il m'a dit qu'il allait me donner quelque chose à manger et m'a remis un paquet de biscuits au beurre bio. Je lui ai demandé s'il serait possible d'accéder à mon appartement par une fenêtre sur rue, au-dessus de l'auvent mais il m'a dit qu'il ne pouvait pas envoyer « un de ses gars » car ils n'étaient pas assurés pour cela. Je lui ai alors demandé d'appeler le premier numéro à 150€ et de prendre RV pour moi car je n'arrivais pas à me faire comprendre. Il l'a fait et j'ai encore attendu mais personne n'est venu.

Me sentant mieux avec quelques biscuits dans l'estomac j'ai alors décidé de partir à la recherche d'un serrurier et j'ai marché jusqu'à la bibliothèque Place d'Italie récemment ouverte après une fermeture de plusieurs années. Je pensais y trouver un annuaire téléphonique mais il n'y en avait pas et les ordinateurs étaient tous occupés. Un employé m'a suggéré d'aller voir au bureau de poste proche, qui devait en avoir, mais contrairement à ce qu'on pourrait croire, il n'y a aucun rapport entre la poste et l'annuaire, qui est propriété d'un éditeur privé.

J'ai alors dû me remémorer si je connaissais un serrurier. En effet, longtemps avant, j'avais connu un cordonnier-serrurier au niveau -1 du centre commercial Italie 2, mais il n'y était plus. Alors je suis sortie rue Vandrezanne car je me suis souvenue d'un cordonnier en face du centre commercial qui était aussi serrurier. L'homme était blessé à la main et portait un bandage. Il a, à ma demande, libéré le siège pour que je puisse m'asseoir. Il a appelé son fils qui est arrivé rapidement, s'est préparé, a rassemblé son matériel. Je lui ai demandé avant de partir de prendre la monnaie de 50€ et nous sommes allés à pieds jusqu'à mon domicile en passant d'un commun accord par l'Allée des Deux Avenues qui est le plus court chemin après la Place d'Italie pour passer de l'Avenue d'Italie à l'Avenue de Choisy, et chemin faisant il m'a déconseillé de faire appel à ces services qui n'ont pas d'existence légale et qui surfacturent outrageusement. Les 90€ qu'il me facturait pour son service paraissaient bon marché en comparaison.

Il a peiné sur ma serrure, introduisant une plaque de plastique semi-rigide pour passer derrière la gâchette tout en donnant des coups de pied forts et rapides dans le bas de la porte. Quelqu'un des étages supérieurs, un homme, a demandé ce qui se passait. Je lui ai répondu que c'était un serrurier qui essayait d'ouvrir ma porte. Après de nombreux essais la porte s'est enfin ouverte et j'ai pu payer mon sauveur avec les billets qui me restaient dans mon sac. L'homme était « en nage ». Aujourd'hui on dirait qu'il avait « mouillé la chemise » mais c'est surtout au sens figuré qu'on le dit.

J'ai été choquée en rentrant par l'odeur des souris. J'imaginais la réaction d'un tiers qui est confronté à cette odeur en rentrant chez moi! J'avais bien fabriqué un piège récemment, au tout début de mon élan de bricolage, et il avait bien fonctionné pendant quelques jours mais les souris apprenaient vite à se méfier des pièges et depuis quelques jours plus aucune ne s'y était laissée prendre. J'en avais vraiment assez de balayer partout tous les matins et de passe la serpillière tous les deux jours, me disant que je pourrais dépenser cette énergie à meilleur escient.

Mais pendant mon expédition retardée au supermarché, j'ai tout de même acheté des cacahuètes pour elles, 4 paquets de 400g à 1,14€ pièce. J'en avais marre aussi du prix qu'elles me coûtaient sans parler des objets détruits. Mais après leur avoir versé des cacahuètes dans leur plat habituel j'ai découvert fortuitement qu'elles entraient dans un bocal qui contenait des graines entières de tournesol, leur nourriture favorite, car elles adorent les décortiques en les tenant dans leurs petites mains. Comme le bocal était contre mon lit je pouvais voir s'il y avait des souris dedans, et quand il y en a eu trois j'ai rapidement posé le couvercle dessus et jeté les souris par la fenêtre.

Ce manège a duré toute la soirée et malgré mes douleurs aux genoux je me suis relevée chaque fois qu'il y avait au moins deux souris pour les jeter par la fenêtre. En fin de soirée j'avais dû en éliminer environ 25. Il en reste encore quelques unes mais j'ai passé une nuit sans en sentir aucune courir sur les couvertures ou sous mon oreiller, c'est déjà ça!

Lundi 28: La dé-sourisation a continué ce weekend. J'ai regardé nombre de vidéos politiques qui filmaient l'intervention de nombreux acteurs méconnus du grand public dans la tendance anti-immigration et souverainiste. Complété mon rapport d'enquête sur l'affaire Picard-Creton. Ce matin j'ai travaillé sur la charte de l'Union Populaire Républicaine. Le but de l'opération est de réduire le texte de moitié. Il faut faire des coupures judicieuses.

Vendredi 1er novembre: J'ai travaillé comme prévu sur la charte de l'UPR. En y regardant de plus près j'ai réalisé que le texte original est davantage un pamphlet de propagande qu'une charte. J'ai donc supprimé, pour en faire une charte, toute argumentation, et j'ai transformé des phrases pour les faire passer du mode passif au mode actif afin de les raccourcir et de dynamiser le texte. Mais cela n'a pas suffi. Finalement je me suis rendue à l'évidence: ce texte n'avait pas même le début de l'organisation d'une charte. Mon correspondent m'avait donc menti, il ne s'agissait pas de modifier mais d'écrire la charte ab initio mais, sans doute pour économiser des frais, il avait fait passer le besoin d'une charte écrite sous l'appellation de « test ». J'avais déjà trouvé que c'était un peu culotté de donner une charte, un texte fondateur et unique, aux candidats volontaires. Je m'étais plutôt attendue à des textes moins importants.

Donc hier j'ai arrêté de me creuser la tête après avoir passé au moins six heures ces jours derniers, à essayer de donner forme à cette bouillie littéraire. J'ai envoyé un mail à mon correspondant lui expliquant qu'il n'y avait rien à tirer du texte initial et qu'il fallait rédiger la charte à partir d'une feuille vierge, que j'étais agacée d'avoir perdu tout ce temps, que pour ma part j'avais dépensé tout mon temps de bénévolat et que s'il voulait davantage de coopération de ma part il faudrait me rémunérer.

Le mois dernier mon neveu Mathias Échène a été extradé de la prison de Bali à une prison de Hongkong: article France Inter mais durant mes attentes dans le hall de l'immeuble quand j'avais laissé mes clés à l'intérieur, j'ai vu que son nom était sur une boîte aux lettres avec celui d'une certaine Diaz. J'ai demandé à ma nièce Éléonore ce qu'il en était, s'il était sorti de prison. Elle m'a répondu que non, et que son nom était là peut-être pour qu'il ait une adresse postale à Paris. Je trouve étrange qu'avec tous ses contacts dans l'immobilier, ses amis et sa famille, il ait besoin d'une adresse ici.

Je pars lundi prochain à Vire dans le Calvados faire un stage de wwoofing dans une ferme laitière jusqu'au 16.


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