Journal de la Femme à Abattre



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Paris, janvier 2020

Samedi 25: J'ai commencé l'année avec une grippe qui m'a affaiblie surtout la première semaine. J'avais une toux grasse très pénible. J'ai vite réagi en prenant de l'aspirine à fort dosage (50mg par cachet 2/jour) et me suis fait pendant quinze jours au moins deux fois par jour du thé vert avec du gingembre frais coupé en petits morceaux, du jus de citron et du miel. Cela a beaucoup contribué à calmer ma toux. Je me suis aussi fait des bouillons de poule qui aux États-Unis ont la réputation de soigner la grippe, y ajoutant un peu de piment fort pour remédier au nez sec. Pour le reste j'ai réduit mes activités et suis restée au chaud dans mon lit avec une bouillotte renouvelée quand nécessaire. Je ne pense pas que j'avais de la fièvre. Il y a maintenant une frayeur mondiale à l'épidémie du virus du SARS en provenance de Chine, parait-il, alors comme je vis dans un quartier chinois j'ai peut-être attrapé ce virus d'un asiatique qui revenait de là-bas, qui sait?

J'ai repris l'écriture de BNNY après un hiatus de deux mois pendant lequel mes idées se mettaient en ordre. Heureusement j'ai atteint l'époque où j'ai commencé à tenir un journal et cela m'aide beaucoup. Toute la période, c'est-à-dire les dix ans entre mon arrivée aux USA et le début de ma chronique en anglais, au cours de laquelle je n'avais pratiquement aucun écrit pour me guider, est maintenant couverte par BNNY en une quarantaine de chapitres.

J'ai décidé de faire le récit en deux parties, de terminer la première au chapitre 43 et de commencer la deuxième avec un chapitre intitulé BNNY2-01. Ce sera plus facile à classer et à manipuler, et il y a une coupure logique puisqu'on passe des mémoires au récit quasi-journalier.

Je me suis emballée à nouveau pour les perles de rocaille et tout ce qu'on fait avec mais je me méfie de mes enthousiasmes maintenant. Il y a eu tellement de coups de coeur éphémères que je préfère attendre et laisser passer plutôt que de me lancer dans une nouvelle activité qui va absorber beaucoup de temps et d'énergie, et d'argent pour acheter des fournitures, et d'espace pour les ranger! C'est sûr que mon enthousiasme pour le tricot a tiédi et que je n'ai plus envie comme auparavant de tricoter sans cesse, mais je dois tout de même garder ce savoir dans mon arsenal. J'ai quelques chaussettes à réparer mais je n'ai pas trouvé la volonté de m'y mettre. J'ai pourtant besoin de ces étuis douillets.

J'ai tout de même fait des essais avec les perles de rocaille, en faisant un tube en biais. J'ai vu des colliers de forme cylindrique faits de perles avec des tranches de couleurs, que j'ai trouvé simples et beaux et pas difficiles à faire. Et aussi des rosettes qui ne prennent pas beaucoup de temps et qui peuvent être très décoratives en pendentif, en broche, en boucle d'oreille etc. Quelques jours après ces essais j'ai vu mon index gauche présenter une inflammation à droite de l'ongle. J'ai attendu pour voir et cela s'est développé. Je me demandais quelle était la cause de cette inflammation qui prenait de l'importance. Finalement je me suis souvenue que je m'étais piquée avec l'aiguille à perles qui est très fine. L'infection venait de là. Je me suis souvenue qu'autrefois en Haute Savoie l'aide ménagère avait eu ce qu'elle appelait un « mal blanc », c'était une infection qui était logée sous et autour de l'ongle, et qui devait être très douloureuse. J'espérai que mon petit problème ne prendrait pas de telles proportions. Heureusement au bout d'une dizaine de jours une petite poche de pus s'est formée et en patientant encore un peu j'ai pu évacuer le pus et tout est rentré dans l'ordre.

Le supermarché Géant a installé un grand nombre de caisses automatiques. Jusqu'à présent il n'y en avait qu'une dizaine, réservées aux clients qui avaient un panier et non un caddy. Le passage et le paiement étaient toujours beaucoup plus rapides qu'aux caisses tenues par des caissières. Les nouvelles caisses sont aménagées pour les clients qui ont un caddy, donc une quantité de marchandise plus importante. J'ai été obligée de passer par l'une de ces caisses et ça n'était pas pratique du tout pour quelqu'un avec un panier. De plus l'employé m'a fait signe de venir à cette caisse mais elle n'était pas prête à fonctionner car la cliente précédente avait eu un problème et ses achats étaient toujours sur l'écran. J'ai donc dû attendre que l'employé soit libre pour remettre la caisse au point de départ, et ensuite il m'a aidée à passer mes achats et a agi comme s'il me faisait une faveur et m'a demandé si je pardonnais. Il m'a dit que ce n'était pas sa faute si la femme avant moi avait eu un problème de paiement mais c'est tout de même lui qui m'avait fait venir à cette caisse et m'avait fait attendre avant de la remettre au point de départ. Et maintenant il disait que ce n'était pas sa faute!

J'ai vu que la propriété du Chablard à Blanzac près de Bellac en Haute Vienne, est maintenant en vente pour 20K, une réduction de 7.000€. J'ai réfléchi à tout ce que j'avais vu depuis un an que j'avais visité ce bien et trouvé le prix acceptable, même si le bien ne correspond pas exactement à ce que recherchais. J'ai tout de même écrit au propriétaire à l'adresse email que j'avais et aussi envoyé un message par LBC, demandant l'adresse postale des vendeurs pour que je puisse leur faire une offre écrite en recommandée. On pourrait croire qu'ils auraient sauté sur l'occasion mais plusieurs jours après l'envoi de mes messages je n'ai reçu aucune réponse comme s'ils ne voulaient pas me vendre à moi personnellement.

Mes recherches m'ont permis de réaliser que certains désirs sont mutuellement exclusifs: si on veut un grand terrain il faut être loin des centres urbains, on ne peut avoir les deux ou alors les prix sont inabordables. Alors pour ne pas être trop loin d'une ville il faut peut-être reconsidérer la surface de terrain. Ne peut-on se contenter de moins? En tout cas si on veut un gros animal, une vache ou un cheval, on doit avoir au moins un hectare par bête. J'aurais bien aimé me déplacer en carriole hippomobile pour les déplacements courts. Mais c'est encore une idée comme tant d'autres. On n'est pas près de retourner en grand nombre à ce mode de transport, pourtant cela se fait par endroits, pour le ramassage scolaire, pour les loisirs... mais on ne s'improvise pas éleveur même si les paysans autrefois avaient tous un cheval. Ils avaent appris à s'en occuper depuis la petite enfance.

Mercredi 29: Ça y est, j'ai surmonté mon blocage tricot. Hier j'ai défait la semelle d'une chaussettes et l'ai re-tricotée jusqu'à la pointe du pied. Il me reste encore trois chaussettes du même modèle à réparer. Certaines ont des trous très mal placés et difficiles à réparer à cause de ces sacrés insectes. J'avais eu des mites qui m'avaient détruit de la laine en pelotes, j'ai mis des cotons imbibés d'huile de neem pour les repousser, mais ça n'a pas suffi et un autre insecte dont j'ai trouvé les larves desséchées dans ma boîte à laine à chaussettes, s'est mis de la partie et m'a encore causé des dommages. C'est l'anthrème des tapis cette fois! Il craint les mêmes odeurs que les mites donc il n'y a qu'à forcer la dose d'huile de neem, de blocs ou copeaux de cèdre, de feuilles de laurier, de fleurs de lavande etc.

Vendredi 31: Lundi j'ai écrit au notaire chargé de la succession de ma mère, lui disant que je n'ai pas touché un centime de la part qui me revient, que je vis sur mes réserves et n'ai aucun revenu.

Hier je suis sortie faire des achats de nourriture, d'abord au marché j'ai acheté un filet de 5kg de pommes de terre. Normalement il est vendu pour 3,5€ mais hier le vendeur en voulait 4€. Ayant traversé l'avenue d'Italie je suis entrée chez Toto, le marchand de tissus et linge de maison et mercerie. Je voulais voir la mercerie qui vend la marque Bohin, une bonne marque, mais l'accès était condamné, il y avait un panneau qui disait qu'il fallait demander à une vendeuse. Je n'étais guère étonnée car il est facile de voler ces articles qui étaient juste pendus contre le mur sans aucune surveillance. Une musique hypnotique jouait. Je suis ressortie aussitôt, n'ayant pas envie de marcher jusqu'au milieu du magasin pour appeler une vendeuse, surtout que je voulais juste regarder.

Ensuite je suis allée au supermarché G20. En rentrant chez moi j'ai vu que tous les légumes étaient de mauvaise qualité, le poireau était défraîchi, la tige de céleri était cassée, la carotte était difforme, seul le navet était sans défaut. J'avais eu du mal à trouver des pommes Boskoop de qualité acceptable, elles étaient presque toutes atteintes de taches de pourriture ou autrement impropres à la consommation, mais les pommes d'autres variétés étaient impeccables. Je choisis les Boskoop parce qu'elles font une bonne compote.

Ce matin j'ai opéré les diverses manipulations de fichiers et de dossiers BNNY pour commencer la deuxième partie.


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