Journal de la Femme à Abattre



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Paris, avril 2020

Samedi 18: Hier j'ai voulu mettre en ligne sur mon site la suite de BNNY2. N'ayant pas tapé mon mot de passe depuis un certain temps j'en avais oublié une partie et après plusieurs tentatives infructueuses j'ai déclaré que je l'avais perdu et demandé qu'on me laisse en faire un autre. Mais entre temps la mémoire m'est revenue et j'ai pu accéder à mon contenu mais au moment d'éditer je n'ai pu rien faire, j'avais un message d'erreur incompréhensible. Pour contacter l'hébergeur ce n'est pas évident mais après plusieurs tours en rond j'ai compris ce que je devais faire et j'ai enfin pu écrire un message expliquant mon problème. J'ai ainsi passé une bonne partie de la journée à essayer de résoudre ce problème alors que je n'avais pas l'intention de m'éterniser.

Dans la même période l'hébergeur a annoncé à tous ses clients que bientôt il va remanier son dispositif d'hébergement et que les langages php et perl vont devenir illisibles après les changements! Il avertissait donc ses clients deux mois à l'avance qu'ils devaient re-coder leur site. J'imagine la consternation de ceux qui ont créé et entretenu leur site avec ces deux langages, et la dépense en temps et en argent, s'ils paient le service, pour se mettre à niveau. De nombreux prestataires de service travaillent dans ces langages. J'ai remercié le ciel de ne pas avoir ce problème car j'ai eu assez de mal à apprendre le langage html et quand php et perl sont apparus, semblant offrir un gain de temps et davantage d'effets spéciaux, ce qu'on appelle des effets « dynamiques » avec des menus déroulants de haut en bas et de gauche à droite et des sous-menus cliquables, la possibilité d'acheter et payer en ligne etc. qui conviennent pour des sites marchands, j'ai résisté à la tentation car alors, tout le temps que j'avais mis à apprendre le langage html aurait été perdu, et il m'aurait fallu encore passer du temps à apprendre un nouveau langage. Dieu sait le sentiment de frustration et l'envie de tout casser qui prend un codeur quand il ne parvient pas à obtenir l'effet recherché. Alors repartir de zéro quand on a atteint une certaine maîtrise, non merci! Et quand on lit les forums on voit que ces deux langages viennent avec une kyrielle de problèmes. J'ai donc bien fait. Mon site n'est pas fait pour éblouir avec des clochettes et des sifflets (« bells and whistles » comme disent les Américains) mais pour offrir du contenu gratuitement, alors je n'ai pas besoin des mêmes fonctions que les sites marchands et une présentation sobre n'est pas un désavantage.

Est-ce un hasard si ce changement se produit au même moment où les petits commerces, contraints à l'inaction pendant le confinement, vont être acculés à la faillite? Un commerçant qui a une boutique sur rue et une boutique en ligne pouvait se consoler, pendant le confinement, en se disant qu'au moins il pouvait vendre en ligne, et cette annonce qu'il doit changer tout le codage de son site doit le mettre au désespoir car il devra fermer son site aussi pour le re-coder.

J'ai trouvé une affichette sur Rense.com rédigée par un collectif d'Anglais qui doutent de la version officielle et s'inquiètent de perdre leur liberté sous couvert d'urgence sanitaire. L'affichette explique les dessous de la prétendue « pandémie » et qui correspond à ma propre pensée. Je l'ai traduite sur la vérité sur la pandémie. Les liens en bas de page sont très importants, surtout le premier, dont l'auteur est un médecin suisse qui a compilé toutes les données statistiques. En bref, ce virus a un taux de mortalité entre 0.04 et 0.012, soit un taux inférieur à celui de la grippe commune. Reste à savoir pourquoi on continue à nous faire peur même en présence de données qui nient la gravité de la maladie.

Le même jour dans la matinée j'ai terminé la confection de pain de mie au levain (j'ai commencé à faire le levain il y a une dizaine de jours). Il n'a pas levé autant que j'aurais souhaité à cause je crois, d'un excès de farine ajoutée durant le pétrissage, et il a un arrière goût de levain dû, je pense, à une cuisson trop courte. Bah, je ferai mieux la prochaine fois!

J'ai repris deux paires de gants sans doigts. Ce sont des gants faits en grosse laine mi-yak, mi-mérinos, donc très doux et chauds. Une paire était déjà usagée, l'autre était neuve mais un des gants était plus long que l'autre, et le pouce de l'un était trop serré au niveau de la bordure. Je me suis donc attaquée à cette tâche ingrate, j'ai rencontré des difficultés inattendues qui ont testé durement ma patience mais je voulais absolument sortir ces deux paires une fois pour toutes de la catégorie « à réparer ». C'est maintenant chose faite mais un pouce est plus long que l'autre! Caramba! Mais je ne vais pas encore défaire. J'avais hâte d'en finir et j'ai fait un rang en moins sur le pouce. Il me resste encore 60 grammes de cette laine, juste assez pour faire une paire parfaite.

Le confinement se prolonge et à l'échelle mondiale il produit une catastrophe économique qui est bien commode pour cacher la catastrophe financière due à un excès de dette, surtout aux USA. La solution vieille comme la monnaie est d'imprimer davantage de billets mais cela conduira inévitablement à l'hyper-inflation. J'ai déjà constaté une augmentation inquiétante d'un tiers, du prix des fruits et légumes. Par exemple les poireaux qui l'an dernier et les années précédentes coûtait 2€ le kilo, en coûtent maintenant 3, de même que les pommes. Quant aux tomates c'est devenu un produit de luxe de même que de nombreuses autres denrées.

Il commence à y avoir des protestations contre le confinement. Aux dernières nouvelles le gouvernement voudrait interdire aux personnes de plus de 65 ans de sortir en même temps que les autres le 11 mai prochain car elles sont prétendument trop susceptibles d'attraper la maladie. Il y a des juristes dans cette catégorie qui s'insurgent contre cette discrimination anticonstitutionnelle. Ce n'est pas trop tôt! Pour ma part j'avais compris que ce confinement était un abus de pouvoir inacceptable, et je n'ai même pas un revenu qui dépend de l'ouverture des commerces, mais aux États-Unis j'ai fait des recherches sur le droit constitutionnel et cela m'a fait prendre conscience des limites du pouvoir et de l'étendue des libertés individuelles.

Mais jusqu'à présent le peuple s'est laissé faire. Il a volontiers accepté les restrictions à ses libertés dans le but de combattre l'épidémie. Mais l'échéance du déconfinement ayant été repoussée il commence à y avoir des remous de mécontentement.

Cette semaine j'ai reçu un email du fils de l'assureur de mon père quand nous vivions à Annecy. Il avait émigré au Canada au début des années 70 et c'était la dernière fois que j'avais entendu parler de lui. Quelle ne fut ma surprise donc, de recevoir un mail de lui.

Jeudi 30: La « retrouvaille » a tourné court car après m'avoir donné l'impression qu'il était d'accord avec moi sur ma mère, la sorcière du conte de Blanche Neige, il a adopté un ton de bavardage mondain, parlant de ma mère comme d'une cantatrice comme si cette pose sociale la dispensait de ses obligations de mère. Cela me mit en colère car je me suis souvenue du sentiment d'écrasement que j'éprouvais alors, chaque fois qu'on me parlait de ma mère en tant que cantatrice, et je n'avais pas envie de recommencer aujourd'hui à l'âge de 67 ans, surtout avec quelqu'un que je connais depuis mon enfance. Enfin, connaître est un grand mot car je ne pense pas l'avoir vu plus de deux fois dans ma vie quand j'étais très jeune. Mais il était le fils de la femme qui m'avait montré le livre du conte de Blanche Neige, où les personnages se détachaient du fond quand on tournait les pages, ce qui avait fait une forte impression car c'était la première fois que je regardais un livre pop up, et c'est surtout la découverte de la sorcière qui s'est avancée vers moi qui a fait une impression indélébile. Et depuis lors, chaque fois que je la voyais et jusqu'à notre départ d'Annecy en 1971, cette femme m'appelait Blanche Neige comme pour me rappeler l'existence de la sorcière qui s'acharnait contre moi.

Son fils, lors de son premier e-mail, m'a demandé quel était le vrai nom de mon père car je dis quelque part sur mon site qu'il s'appelait Célestin, et il me disait qu'il le connaissait sous un autre nom. J'ai trouvé cette approche maladroite car en fait, en quoi cela le regarde-t'il que mon père s'appelle Célestin ou tout autre nom? Je n'ai donc pas répondu et c'est lui qui est revenu à la charge en s'excusant qu'il s'était trompé, que Célestin était le vrai nom de mon père mais que ses parents l'appelaient Tony, ce qui est vrai. Je me souviens très bien que tout le monde l'appelait Tony mais en 1967, à notre retour de vacances au Portugal, en même temps que ma mère m'a dit que dorénavant je m'appellerais Axelle et qu'elle se ferait appeler Douchka, mon père de son côté a aussi changé de nom et dès lors on l'appelait Rodolphe ou Rudo, et tout le monde, famille ou connaissances, a adopté ces nouveaux noms mais pour ma part, certains membres de la famille, dont ma marraine Alice Perret, ont continué à m'appeler Brigitte, ce qui créait en moi un malaise.

Je me suis longtemps demandé la raison de ces changements de nom de mon père. J'en suis venue, sans preuve formelle, à conclure que c'était pour échapper à la surveillance, au cas où il serait dans le collimateur de personnes indésirables, créanciers ou fisc... et que c'était pour me distraire de ces questions que ma mère m'avait changé mon nom. Ainsi, tandis que je ruminais les ramifications de mon changement de nom, je ne me posais pas de question au sujet de celui de mon père. Quant à Douchka, j'ai appris que c'est le nom d'une mitrailleuse russe et je me demande si ma mère le savait quand elle a adopté ce nom, et je doute fort qu'elle ne l'ait pas su car mine de rien, elle en savait long sur le régime soviétique.

L'épidémie de Corona virus (Covid 19) accompagnée d'un effondrement financier a causé un changement énorme dans la vie quotidienne. Pour ma part le changement n'a pas été énorme puisque le confinement est mon quotidien de toute façon. Mais je n'ai pas pu accueillir la nouvelle de l'effondrement financier sans rien faire et j'ai commencé à faire des provisions car je sais que bientôt les prix vont monter en flèche et certaines denrées seront introuvables. Je n'aurais pas pensé à faire des provisions de papier hygiénique mais cela a été le réflexe qu'ont eu beaucoup de ménages, d'abord aux États-Unis puis ici, car les rayons ont été dévalisés. Cela fait drôle de découvrir des étagères vides. Cela a été le cas aussi pour la farine, puis pour le sucre.

J'ai acheté des conserves pour les goûter, afin de savoir si cela valait la peine que j'en fasse provision. Des conserves à bas prix de sardines et de maquereau... de salsifis au naturel... J'ai continué mes essais de pain mais le résultat est toujours trop compact. Il faut dire aussi que je n'ai pas vraiment la tête à ça, je ne suis pas suffisamment détendue. Je suis impatiente et l'expérience de la pâte qui colle tellement aux doigts au début, me rebute. Mais j'ai fait des gâteaux avec succès.

J'ai poursuivi mes recherches immobilières en ligne, appelé plusieurs agents. Ils n'ont pas le droit de faire visiter leurs biens à vendre mais au lieu d'exprimer la moindre contrariété ils sont enthousiastes de participer à l'effort contre l'épidémie, alors que leur revenu est une commission sur les ventes et qu'ils ne risque pas d'en réaliser s'ils ne peuvent pas faire visiter.

Cela doit faire quinze jours que j'essaie de tricoter une paire de mitaines dont les rayures sont ondulantes. Au moment de terminer la première je m'aperçois que j'ai commencé les augmentations du pouce trop tard, car la partie du côté du poignet est bien trop longue. J'ai beaucoup défait et refait car je ne suis le patron que de loin, étant donné que la laine que j'utilise est plus grosse que celle du patron. Cela m'a menée à faire des erreurs mais je tiens à remplacer la paire que j'ai tricotée sur le même modèle en 2009 ou 2010.

J'ai réalisé que si je descends les escaliers une marche à la fois au lieu de deux, et si je ne charge pas trop mon sac à dos, je ne souffre pas des genoux dans la soirée et la nuit. Cela me permet de sortir plus souvent car c'était la souffrance que je ressentais après chaque sortie qui me faisait rester chez moi plusieurs jours d'affilée.

Pour en revenir aux nouvelles du monde, aux États-Unis ces derniers jours on a constaté une forte augmentation de non-paiement des prêts automobiles. D'abord c'était les prêts immobiliers que les gens ont cessé de rembourser, et avec leurs belles autos achetées à crédit de nombreuses personnes ont fait la queue pour recevoir des colis gratuits de denrées alimentaires. Mais bientôt le redoutable « repo man » va venir avec une dépanneuse et leur enlever leur véhicule. Que feront-ils alors s'ils vivent dans les banlieues pavillonnaires où il faut prendre sa voiture pour faire la moindre course?

Et tandis que les gens font la queue pour recevoir de la nourriture gratuite, les fournisseurs de la restauration, dont les marchandises sont emballées spécialement pour leurs clients et sont invendables au grand public, sont contraints de détruire des tonnes de denrées alimentaires invendables. Ils ne peuvent pas se permettre de les donner aux organisations caritatives car cela leur ferait des coûts supplémentaires et des questions de normes d'hygiène et de santé se mettent en travers.

Quant aux éleveurs de porcs, poulets, vaches à viande etc. ils fonctionnent sur un calendrier très serré, et aussitôt qu'un lot d'animaux part à l'abattoir un lot de jeunes à engraisser arrive. Mais comme les employés des abattoirs sont confinés, il n'y a personne pour tuer les animaux de boucherie et les éleveurs restent avec ces animaux en rade et ils sont forcés de les tuer sur place et d'en disposer comme des bêtes malades qu'on tue, pour libérer l'espace. J'ai vu une vidéo où des milliers de poussins nouveau-nés étaient déversés puis enterré vivants par une pelleteuse car il n'y avait pas de débouché pour eux. On entendait leurs petits cris.

On voit à quel point notre société est complètement inhumaine car les gens ont faim mais ils ne peuvent pas se nourrir de bêtes qui sont prêtes à être abattues et qui sont détruites, ni de lait invendable qui est déversé dans les champs. Les nouveaux sans-logis n'ont pas accès aux millions de logements vacants qui s'ajoutent au parc déjà considérable. Les banques rachètent à bas prix les maisons dont les propriétaires délinquents ont été expulsés puis elles louent ces maisons à ceux-là mêmes qui en ont été expulsés.

Le 11 mai prochain le confinement sera levé en partie mais les bars et restaurants n'auront toujours pas le droit d'ouvrir, c'est pourquoi toute la filière en amont est en souffrance et doit détruire les denrées alimentaires. Si les fournisseurs doivent faire faillite, après les restaurants, car la plupart d'entre eux y seront contraints, ne pouvant pas survivre au confinement, une déferlante de chômage va balayer l'économie qui est déjà bien mal en point.

Cela rappelle les débuts du communisme en URSS, quand les sbires du gouvernement sont venus saisir les réserves des agriculteurs pour les forcer à travailler dans les fermes collectives. La famine qui a suivi s'appelle Holodomor. Ce fut une épreuve épouvantable. Il parait que le gouvernement mondial qui oeuvre à s'instaurer, suit le même modèle: de d'abord s'attaquer aux agriculteurs, à ceux qui produisent la nourriture.


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