Journal de la Femme à Abattre



[ACCUEIL] - [SOMMAIRE] - [MES PHOTOS FLICKR] - [CONTACT] - [mois dernier] - [mois suivant]

Paris, septembre 2020

2009

Mardi 9: La machine à laver qui était sur le palier depuis plus d'un mois a été enlevée au début du mois et cela fait plaisir de voir cet espace vide.

Mardi dernier à 19 heures j'ai téléphoné à David pour annuler notre rendez-vous du lendemain car je n'étais vraiment pas d'attaque pour assister et participer à la démolition de la cheminée de la salle de séjour. J'ai laissé un message sur son répondeur. Je lui ai dit que je n'étais pas disposée à être de sitôt à nouveau dans la poussière et la suie, que j'avais besoin de me reposer; que je ne voulais pas avoir deux pièces en chantier, que je voulais terminer la cuisine et condamner tous les accès des souris avant de faire quoi que ce soit dans une autre pièce.

Il m'a rappelée presque aussitôt. Il m'a dit qu'il avait refusé du travail pour le lendemain car il avait réservé la journée pour moi. Je lui ai dit que j'allais continuer à travailler toute seule, découper le revêtement de sol en lanières avec une disqueuse. Il m'a interrompue pour me demander si je voulais vraiment faire ça toute seule mais il s'est arrêté avant de finir sa phrase. Il a dû se souvenir que j'avais démoli la cheminée toute seule et cela l'avait impressionné. Je l'ai laissé parler car je n'avais pas envie de discuter. Il attendait que je réponde mais je n'ai rien dit et il y a eu un long silence. Il a fini par dire que c'était à moi de décider et nous avons raccroché.

Il m'a rappelée le surlendemain. Il m'a dit que la personne à qui j'avais parlé n'était pas lui mais son associé. Pourtant j'avais appelé le seul numéro qu'il avait indiqué dans son annonce et grâce auquel je lui avais déjà parlé pour prendre rendez-vous. Il m'a dit que quand j'appelais sur ce numéro, l'appel était automatiquement transféré sur le sien. Je lui ai dit qu'il avait la même voix que son associé. Il m'a répondu que c'était son cousin germain. Ah bon!!! Cela expliquait tout! Il m'a dit que David était le nom de son associé et que lui-même s'appelait Tony. Toutes ces explications étaient très bizarres. Mais il était très aimable et m'a parlé du travail qu'il pourrait faire dans mon appartement. Mais cela me stressait d'avoir quelqu'un avec qui prendre rendez-vous, avec qui discuter. A force d'être seule je suis devenue un peu allergique aux palabres et si je travaille seule je n'ai pas à discuter, à me mettre d'accord avec qui que ce soit, à être à l'affut des erreurs. Je lui ai dit que j'allais continuer seule et que je l'appellerais quand j'aurais besoin de lui et nous raccrochâmes.

Depuis l'enlèvement des gravats j'ai nettoyé l'appartement où il y avait beaucoup de poussière et de traces de suie au sol à cause des souris qui avaient marché sur les pièces de conduit de cheminée a vant de se promener partout. J'ai nettoyé comme d'habitude avec un balai, et une serpillère. Je me suis rendu compte que les nettoyants le plus souvent ne servent à rien à moins d'avoir à nettoyer de la graisse. Mais il y avait des amas de crasse noire par endroits, dans les recoins que les souris affectionnaient pour grignoter tranquillement, ou le long de certains meubles, et je voulais les faire disparaître car ils me chagrinaient depuis longtemps mais je n'avais pas eu le courage de m'y attaquer avec le seul matériel dont je disposais.

J'ai regardé des vidéos qui faisaient la démonstrations de balais électriques mais je n'étais pas convaincue. Ils me semblaient lents et je n'aurais pas eu la patience de tenir le manche en attendant qu'ils fassent le boulot. Mon problème était spécialement épineux à cause des pastilles en relief de la taille d'un euro autour desquelles la saleté s'accrochait. Puis je me suis souvenue qu'il y a environ un an j'avais acheté des brosses et des tampons gratteurs qui s'adaptaient sur une perceuse-visseuse et dont je ne m'étais jamais servie. J'ai donc essayé de nettoyer par ce moyen et cela a très bien marché. On ne peut faire que des surfaces limitées car on doit se pencher mais pour décrasser le pourtour d'un meuble par exemple, cela marche très bien. J'ai donc gardé l'appareil à portée de main et nettoyé plusieurs endroits qui me chagrinaient chaque fois que je les voyais, et je me sens mieux maintenant qu'ils sont propres.

Hier j'ai mis en ligne mon journal de juillet et d'août, ainsi que les chapitres 11 et 12 de BNNY2. J'ai encore des photos à ajouter pour illustrer.

J'ai reçu un mail du cabinet notarial chargé de la succession de ma mère, le cainet Demarquay-Costagliola à Evreux. Il envoyait un questionnaire qu'il avait reçu des Impôts, demandant la situation des logements locatifs et du logement principal de la maison d'Emalleville/Brosville. J'ai répondu en rappelant que je n'avais pas reçu de réponse à mes deux derniers mails de janvier et de mai, demandant un état de la succession.

Ce fut la comptable qui me répondit. C'est elle le plus souvent qui me répond quand j'envoie un mail aux notaires et je ne vois pas pourquoi je ne reçois pas de réponse du notaire en personne. Elle me disait que le mail précédent concernait un questionnaire des impôts. Je lui ai répondu que j'avais bien compris et que j'avais profité du mail pour demander un point de la situation, et lui dis que je ne voulais pas que ce soit elle qui me réponde quand j'envoyais un mail au notaire car ce sont les notaires qui passent les actes et qui sont assermentés.

Mardi 15: J'ai mis en ligne sur mon compte Flickr toutes mes photos de 2020, y compris bien sûr celles que j'ai prises lors de mon voyage à St Agnan-Digoin-Molinet. Pour ne voir que celles-là, et non celles du début de l'année, il faut, en suivant ce lien faire défiler le diaporama en cliquant à gauche pour aller de la plus ancienne à la plus récente photo. La légende de chacune se trouve en-dessous. Pour voir les photos depuis le début de l'année, en cliquant sur le lien en tête ou en bas de cette page, cliquer sur l'album intitulé PRIVÉ, puis sur l'album portant le nom de l'année.

Hier je suis parvenue à découper une partie du revêtement de sol qui recouvre l'âtre de la cheminée. J'ai été retardée dans la progression des travaux par un défaut d'outillage. Pour découper ce revêtement de sol et mettre à nu le parquet, il me fallait une scie circulaire à profondeur de coupe réglable.

J'ai d'abord voulu économiser en achetant une meuleuse d'angle à 40€ qui peut être adaptée pour tronçonner avec le disque idoine, mais je n'ai pas pu installer le capot de protection et il n'y avait pas d'explication sur le mode d'emploi. J'ai essayé en vain pendant trois jours puis finalement j'ai renvoyé la machine à Amazon.

Hier j'ai acheté une scie sauteuse mais ce n'est pas vraiment la machine adaptée à la tâche car il n'y a pas de vide en-dessous de la surface à découper et la lame mesure 6cm sous la semelle. C'est donc à moi de le créer, en soulevant la surface et en l'appuyant sur quelque chose, mais alors la machine ne repose pas sur une surface stable. Bref j'ai quand même réussi à enlever la pièce en forme de languette qui allait jusqu'au fond du foyer mais il reste encore une partie qui recouvrait l'intérieur de la cheminée, sous laquelle les souris ont élu domicile. J'ai hâte de mettre tout cela au propre et de maçonner l'espace mis à nu et le niveler. Sous les briques d'origine qui tapissent l'âtre, le ciment est complètement réduit en poudre, comme si la chaleur l'avait consumé.

Après avoir longuement cherché l'appareil adapté à la tâche à accomplir j'ai finalement acheté une mini-scie Bosch à profondeur de coupe réglable. Je n'aurai donc plus à changer de capot comme je devrais le faire avec une meuleuse-tronçonneuse, et la profondeur de coupe étant réglable, je ne risquerai pas d'endommager le parquet.

Les actualités continuent à nous manipuler pour nous faire peur avec la maladie du Covid-19. Chaque jour, on nous dit combien de nouveaux cas ont été déclarés mais nous savons (enfin, pas tout le monde le sait) que le test donne de faux résultats positifs donc les statistiques sont incorrectes. Malgré tout le gouvernement parle de « deuxième vague » et le port du masque est maintenant obligatoire dans tous les espaces publics sauf quand on est à vélo. Je sors donc à vélo le plus possible.

Pendant qu'ils nous cassent les oreilles avec l'épidémie, ils parlent beaucoup plus discrètement de la catastrophe économique que la fermeture ou la réduction du nombre de clients dans les restaurants, est en train de causer. Les restaurants ne peuvent pas survivre s'ils ne peuvent plus accueillir que 25% de leur clientèle habituelle. Le gouv leur permet d'utiliser l'espace public avec des terrasses légères, mais quand viendra la saison froide, qui voudra prendre ses repas en plein air?

Le but caché de cette crise, c'est bien de tuer le petit commerce pour qu'il ne reste que les gros, et permettre aux vautours de moissonner à bas prix tout l'immobilier devenu disponible. C'est un naufrage lent qui est en train de se produire et nous le voyons progresser chaque jour sans pouvoir rien faire. La classe moyenne est en train de disparaître et bientôt il n'y aura plus que les super-riches et les pauvres.

Pendant ce temps les pays d'Europe continuent de laisser entrer des migrants qui fuient leur pays (beaucoup d'Afghans, de Syriens, de Somalis mais d'autres aussi) alors qu'ils sont incapables de résoudre les problèmes qui se posent aux citoyens de ces pays. Chômage, logements insalubres, crises sociales... évidemment il ne reste rien pour les migrants. Ils sont sous la tente dans des espaces inhospitaliers, entre deux bretelles d'autoroute, et la police vient les chasser. C'est une vie horrible. Pourquoi les laisser venir si c'est tout ce qu'on peut faire pour eux? Ils doivent attendre plus d'un an pour savoir si leur demande d'asile a été approuvée. Toute cette bureaucracie donne de l'emploi aux ronds-de-cuir certes, mais la souffrance humaine qui en résulte, on n'en tient pas compte.

Comme les États-Unis ont toujours un temps d'avance sur l'Europe, on peut voir ce qui nous attend ici. J'ai ouï dire que « New York est mort. » C'est impensable! Que veulent-ils dire? Il y a eu une vague de manifestations sous le slogan « Black Lives Matter » après le décès d'un noir alors qu'il était plaqué au sol par un flic. Depuis cette date les manifs BLM ont essaimé dans tout le pays, et les « Antifa » s'y sont joints, de même que les féministes et que sais-je encore. Tout le monde se sent membre d'une catégorie opprimée et vient manifester. Il y a eu beaucoup de pillage et de destruction, d'incendies volontaires. Beaucoup de magasins ont barricadé leurs vitrines après les premiers pillages où on voyait des pillards briser les vitrines et ressortir de chez Gucci ou Louis Vuitton ou Nike chargés de marchandise. Maintenant la Cinquième Avenue est déserte. J'ai regardé avec des webcams installées à proximité de la cathédrale Saint Patrick, tout près de Rockefeller Center et des boutiques de luxe, et j'ai vu qu'à n'importe quelle heure du jour la circulation n'était plus qu'un mince filet, et les trottoirs déserts. J'ai regardé aussi les environs de Times Square et c'est pareil. Cela me fait un choc.

La plupart des gens sont apeurés et dociles. Ils se plient volontiers aux consignes. Dès le début de la crise sanitaire de nombreuses femmes se sont précipitées sur leur machine à coudre pour fabriquer des masques dans des tissus variés, avant même de se poser la question de savoir si le port du masque était justifié. Mais à New York les restaurateurs se sont groupés et ont intenté un procès en collectif à la Ville et à l'état de New York pour les avoir dépossédés de leur propriété sans formalité. En effet, la clause du 14ème Amendement à la Constitution impose aux gouvernements de ne pas priver les citoyens de leur vie, leur liberté et leurs biens sans les formalités requises par la loi. Or c'est bien ce qui s'est produit à New York, où le gouverneur de l'état et le maire ont imposé la fermeture ou l'ouverture réduite des restaurants. La somme réclamée par le collectif est de deux milliards de dollars.

Les manifestations de protestation contre le port obligatoire du masque continuent. Il y en a eu une à Madrid récemment, et aussi une à Berlin et à Paris. Sur celle de Paris les infos ont dit que c'était « un flop » parce qu'il n'y avait que quelques centaines de manifestants. Et que le profil-type des manifestants était « une femme de plus de cinquante ans », comme si cela devait dégoûter les autres de se joindre au mouvement.

Il y a deux mois environ j'ai été virée de Liveleak, le site de vidéos amateur qui met l'accent sur les mésaventures en tous genres, les catastrophes naturelles et sur les événements inhabituels. Depuis le début du mouvement Black Lives Matter les médias avaient pris parti pour les noirs et contre les blancs, voyant du racisme partout. Je n'avais pas vraiment saisi à quel point mais le jour où mon compe a été annulé j'avais regardé une vidéo montrant une femme noire casser à coups de masse le pare-brise d'une voiture et la mettre en feu après y avoir versé de l'essence. La personne qui avait chargé cette vidéo avait écrit pour titre: « Michigan Woman ... » et ayant compris que c'était un euphémisme pour désigner la femme noire, je n'avais pas compris l'intention sarcastique -à moins que ce ne fusse par précaution- et j'écrivis un commentaire disant que cette appellation était un code car dans l'état du Michigan la seule grande ville est Detroit, qui est la ville de l'industrie automobile à population majoritairement noire. Et par précaution j'avais écrit bl@ck.

Dès le lendemain je fus incapable d'accéder à mon compte. Je restai au titre de visiteuse malgré plusieurs emails à l'équipe qui tient le site. C'est ahurissant qu'on puisse être banni d'un site pour cela. Mais c'est l'esprit du temps. J'ai ouï dire que les membres de BLM coincent les gens et les forcent à lever le poing et à affirmer « Black lives matter! »en signe de solidarité. Ce slogan finit par m'agacer car s'il est exact que le verbe to matter veut dire « compter », au sens d'avoir de l'importance, ce n'est pas de l'anglais correct. On dit bien dans la forme négative « It doesn't matter. » (ça n'a pas d'importance) mais c'est dans le langage parlé familier, on voit rarement la forme positive du verbe. C'est donc comme si le charabia des noirs s'imposait dans le discours officiel.

Soit dit en passant je suis bien heureuse de ne plus avoir à les entendre quotidiennement comme lorsque je vivais là-bas. Leur façon de parler est intéressante, on se demande comment est fait leur sens de l'ouïe pour qu'ils restituent ce qu'ils entendent avec une telle variation. Mais à la longue on se lasse et on devient irrité.

Mardi 22: Vendredi et samedi dernier, de l'eau s'est écoulée du plafon de la salle de bains. J'ai placé un seau pour recueillir les gouttes et dimanche matin il y avait environ cinq litres d'eau dans le seau, mais l'écoulement avait cessé.

Samedi aussi, j'ai entendu de grands coups de masse de l'autre côté de la cheminée de la salle de séjour et des gravats sont tombés dedans. Au début je ne m'inquiétais pas, j'entendais de petis morceaux tomber mais je n'ai pas réagi. Mais plus tard le bruit était celui que font les gravats de taille plus importante et je suis allée voir. En fin de journée un gros monticule était dans le foyer et de la suie s'était échappée malgré que j'eusse presque entièrement fermé le volet.

Hier lundi les coups se sont fait entendre davantage dans la cuisine et des gravats sont tombés du conduit gauche. Je n'en croyais pas mes yeux ni mes oreilles. Je pensais en avoir fini avec la suie et les gravats mais cela recommençait malgré moi. J'ai crié dans le conduit: « Arrêtez! Arrêtez ou j'appelle la police! » J'ai entendu des voix parler en Chinois et les coups de masse ont cessé. Un peu plus tard Mr Ung fils m'a appelée au téléphone. Il m'a expliqué qu'il faisait démolir une cheminée qui était déjà cassée et que je recevais des gravats parce que le conduit que j'avais exposé et rasé jusqu'au plafond n'était pas condamné, et il proposait que quelqu'un vienne poser une planche sur mon plafond pour empêcher les gravats d'atterir chez moi. Il m'a dit que les travaux étaient au quatrième étage et j'étais très étonnée et inquiète que les gravats puissent s'empiler sur un étage entier et reposer sur la planche qu'il proposait de faire fixer à mon plafond. Je lui ai dit que quand j'avais démoli ma propre cheminée je n'avais envoyé des gravats chez personne et que je n'avais pas envie que quelqu'un vienne chez moi. Il m'a alors dit que la raison pour laquelle les gravats atterrissaient chez moi était parce que la démolition au quatrièmé avait commencé par le haut, mais que s'il faisait démolir d'abord le bas de la cheminée, alors il pourrait placer une planche à la base et ainsi je ne recevrais plus de gravats, mais il faudrait que je patiente tout de même environ deux heures, le temps que les ouvriers démolissent la base. J'ai dit d'accord et j'ai placé des sacs de gravats sous les conduits mais les coups de masse n'ont pas suivi, et rien n'est tombé. On aurait dit que la démolition avait été annulée ou reportée à date ultérieure.

Jeudi 24: J'ai récemment reçu des emails de mes sœurs Elisabeth et Sophie au sujet d'un locataire avenue de Choisy. Il demandait que l'on remplisse, en tant que propriétaire, sa demande d'allocation logement à la CAF. La discussion portait sur qui parmi nous allait remplir les cases réservées au propriétaire. Comme j'habite sur place j'aurais pu le faire mais il a envoyé sa demande au notaire de la succession et après encore des palabres j'ai cru comprendre que je ne pouvais pas le faire sans mandat ni procuration.

Sophie est alors intervenue et elle s'est adressée à moi sur un ton très hautain comme si j'étais une merde dans le caniveau. Je ne sais pas d'où lui vient ce sentiment de supériorité, qu'est-ce qu'elle a accompli qui lui permette de se placer tellement au-dessus de moi. Apparemment elle ne croit pas à l'égalité de notre devise républicaine. J'ai décidé de ne pas répondre.

J'ai répondu à Elisabeth (avec copie aux autres cohéritiers) pour lui demander où en est la succession de maman car le notaire n'a pas répondu à mes trois dernières demandes. Je lui ai dit que je n'arrivais pas à croire que rien ne se passe. En réponse elle m'a envoyé des photos de la maison d'Emalleville qui est à l'abandon et a subi des dommages dus aux intempéries et aux squatteurs. J'étais horrifiée de voir l'état piteux de cette maison qui dans mon souvenir était confortable et d'où on avait, bien à l'abri avec un feu dans la cheminée, une vue imprenable sur la vallée de l'Iton au niveau du village de Saint Germain des Angles.

Ces photos affligeantes m'ont étonnées car la dernière fois que j'avais entendu parler de la maison, Sophie se plaignait que Norbert l'occupe ou laisse ses amis l'occuper, et je n'ai pas pu dormir la nuit de mardi à mercredi, et hier j'ai eu une idée qu'il fallait parer au plus pressé et barricader les issues, et faire quelques travaux assez peu coûteux pour maintenir les murs extérieurs en état. J'ai aussi dit à ma soeur qu'elle et les autres avaient dû se partager tout l'argent liquide, y compris la « caisse noire » dont notre mère parlait déjà quand j'étais toute petite, et qu'elle avait dû alimenter au fil des ans. Plus tard j'ai compris qu'en plus de l'argent liquide ou tout instrument financier, il y avait aussi le mobilier et les bijoux qu'ils s'étaient répartis sans me compter dans le partage. Il ne restait que les biens immobiliers à partager mais comme je ne donnais pas mon mandat au notaire choisi par notre mère, et pour cause, la situation pourrissait.

J'ai rappelé que notre mère avait reconnu qu'elle m'avait fait subir plusieurs séances chez le dentiste quand nous habitions rue Carnot à Annecy, je devais alors avoir trois ou quatre ans, et que ces séances étaient responsables des caries dentaires qui s'étaient déclarées vers l'âge de sept ans et n'avaient pas été traitées, et avaient empiré. Ma mère m'avait ainsi condamnée à une vie de maux de dents et de traitements dentaires, de dépenses coûteuses et m'avait défigurée de façon repoussante à l'âge où une jeune fille commence à chercher un mari. Ma mère avait aussi admis sa part de responsabilité dans les deux accidents qui m'avaient chacun brisé un genou. J'avais proposé à mes cohéritiers de me payer des dommages et intérêts et je renoncerais à ma part d'héritage. Je n'avais jamais reçu de réponse à cette proposition. Chaque fois que j'avais essayé de prendre un notaire dans mon projet d'acquisition immobilière j'avais senti qu'on l'avait contacté dans mon dos pour qu'il me refuse son aide (je pourrais citer au moins trois instances), et chaque fois que j'avais retenu un avocat pour protéger mes droits, il avait été retourné contre moi. Je les ai tous énumérés: les Slavit qui m'ont subornée dans l'affaire de mon accident avec le bus à New York, puis pour la succession dès 1990 Maîtres Cardonnet à Paris, Montalette à New York, Billard à Évreux, et le dernier, octroyé par le bureau de l'Aide Judiciaire à l'occasion de l'appel de Sophie contre notre mère en 2007, n'existait même pas.

Élisabeth me dit que je ne recevais pas de mise à jour de la succession parce que je n'avais pas donné mandat à l'étude retenue par notre mère, mais étant donné l'historique de notre relation mère-fille je suis en droit de penser que ma mère avait passé un accord avec le notaire de son choix pour qu'il m'écarte de la succession, que par ailleurs il était situé à Évreux dans un quartier périphérique et difficile d'accès sans voiture alors que rien ne justifiait que le notaire de la succession soit dans cette ville, que j'avais demandé qu'on prenne un notaire à Paris, que j'avais droit à des comptes en tant qu'héritière réservataire, que leur attitude de vengeance était injustifiée car j'avais parfaitement le droit de ne pas être d'accord sur le choix du notaire, et que si mes cohéritiers souhaitaient un partage équitable ils ne devraient pas voir d'inconvénient à prendre n'importe quel notaire puisqu'ils sont censés être neutres et appliquer la loi.

J'ai à nouveau envoyé un mail hier proposant quelques remèdes peu coûteux pour protéger la maison et la rendre plus vendable.

Il y a encore eu des coups de masse dans la cuisine du 4ème et des chutes de gravats que j'ai entendus mais beaucoup moins qu'avant. Je crois qu'ils ont fini et je vais pouvoir m'occuper de faire le nécessaire pour mettre à niveau l'empreinte au sol de la cheminée que j'ai démolie, afin de pouvoir occuper l'espace et faire d'autres travaux au pied du mur opposé pour condamner les accès des souris. J'ai hâte de pouvoir occuper l'espace que j'ai gagné. 110 x 53cm ça n'est pas grand chose, cela fait 58cm² mais quand cette surface au sol se trouve au milieu d'un mur, elle brise la longueur et une fois éliminée on peut envisager d'occuper le mur plus librement. <

b>Samedi 26: J'ai encore été « patraque » hier, suite à ma nuit d'insomnie. Je n'ai pas regardé si j'avais reçu une réponse de la fratrie à mon email du matin précédent. Cela me donne la boule au ventre. J'ai du mal à concevoir que mes frères et sœurs puissent me haïr à ce point alors qu'il n'existe aucune raison objective et quand bien même j'aurais agi délibérément pour leur nuire, ils auraient tout de même le choix de me haïr ou de me plaindre et me pardonner. Mais leur attitude a été invariable aussi loin que remontent mes souvenirs. Il viendra pourtant un moment où l'absurdité de leur attitude les conduira dans une impasse et ils devront accepter la réalité.

C'était facile de suivre le chemin que notre mère traçait quand nous étions enfants. Elle avait dit que la criminalité était héréditaire, cela impliquait qu'elle assumait sa criminalité et qu'elle voulait qu'on l'accompagne dans ses transgressions, mais moi, toute petite et sans pouvoir le verbaliser, j'avais bien conscience que c'était une affaire de choix et non pas de nature innée, et au lieu de le dire je m'étais efforcée, chaque fois qu'elle m'avait mise dans une telle situation, de lui prouver que j'avais le choix de mes actes et que je n'étais pas criminelle, ce qui lui causait un grand dépit et une colère qu'elle essayait de me dissimuler mais je la sentais bien. Et au fil des ans elle essayait encore et encore de me faire prendre la mauvaise voie, et chaque fois que je choisissais de rester dans le droit chemin je voyais sur son visage le dépit et la colère car je venais de lui prouver une fois de plus qu'on pouvait choisir de faire le bien ou le mal, on n'était pas prédestiné. Toute la religion chrétienne et tout le droit pénal reposaient là-dessus de toute façon. Si on n'avait pas le choix on ne pouvait pas faire de péché ni de crime.

Une chose qui m'aurait causé beaucoup de peine eût été que quelqu'un fusse témoin de mes méfaits. C'était une chose de me gaver de friandises en cachette, mais accomplir un forfait sous les yeux de ma mère, cela m'aurait tuée. Je ne pouvais accepter que cette figure qui représentait tout mon univers puisse être autre chose que bonne, malgré les indices du contraire, et la honte que j'aurais éprouvée en faisant le mal sous ses yeux m'aurait anéantie, et je ne pouvais tout simplement pas.

Elle voulait qu'on lui obéisse même si ce qu'elle voulait qu'on fasse contrevenait à notre sens moral. Elle avait même donné un nom à ce qu'elle faisait: le viol de conscience. Elle était très autoritaire avec nous et je mettais cela sur le compte du grand nombre d'enfants que nous étions, qui l'obligeait à ne pas tolérer que chacune de nous en fasse à sa tête. Mais personnellement ce régime militaire ne me plaisait pas car je n'avais jamais l'occasion de faire ce que je voulais et il est venu un moment où j'en ai eu par-dessus la tête. Je voulais me révolter mais je me sentais trop insignifiante. J'ai voulu en parler à mes sœurs et les convaincre que nous devions faire quelque chose pour nous libérer de cette oppression, mais je ne savais pas quoi. Nous aurions dû en parler à un adulte, par exemple la maîtresse d'école. Agnès qui avait quatre ans de plus que moi, aurait pu le faire, mais quand j'ai voulu aborder le sujet j'ai constaté que mes sœurs faisaient bloc contre moi. Elles étaient complètement fermées et je me suis sentie très seule mais je savais dans un recoin de ma conscience que ma mère était une femme pas normale. Je ne pouvais pas l'accepter à 100% parce que je dépendais d'elle pour tout, pour ma survie, mais je l'observais froidement et les actes qui me semblaient bizarres s'inscrivaient dans ma mémoire.

Soixante-cinq ans plus tard, l'attitude de mes sœurs à mon égard n'a pas changé. Je ne sais pas comment elles justifient le fait de porter atteinte à mes droits, de me rayer de la succession comme elle l'ont fait. Je crois que leur ligne de conduite est de faire ce qu'elles peuvent faire, de s'arranger pour le rendre possible, même si en le faisant elles enfreignent les droits d'autrui, par exemple en m'empêchant d'avoir un avocat et un notaire qui défende mes droits. Mais on ne peut s'empêcher de chercher une justification et c'est cela que j'aimerais savoir. Est-ce parce qu'elles sont convaincues que je suis le fruit d'un inceste entre notre mère et son beau-frère, ce qui n'est pas réellement un inceste? Et quand bien même je le serais, suis-je responsable du choix de partenaire sexuel de mes géniteurs? Est-ce parce qu'elles attribuent au fruit d'un inceste des tares physiques et mentales alors qu'au contraire, j'étais belle et intelligente et drôle, et sportive et curieuse?

Même si j'étais tarée je n'en serais pas moin une personne humaine égale en droit à toutes les autres et rien ne justifierait le fait qu'elles me dépouillent de mon héritage. Il faudra bien qu'elles se rendent à l'évidence.

Maintenant cela me tracasse de savoir que la maison d'Émalleville est en train de se dégrader sans que personne ne fasse rien pour y remédier. Il y a plusieurs actions qui arrêteraient en partie le processus. Par exemple, si une gouttière s'est détachée et fait que la pluie qui ruisselle du toit tombe sur la terrasse et infiltre les murs, cela ne coûterait pas une fortune de faire remettre en place ladite gouttière.

Lundi 28: Le mois se termine avec un temps de pluie continue en phase avec la saison. J'ai justement écrit à la fratrie qu'il faudrait clore la maison avant le début de la mauvaise saison et la voilà qui commence au même moment. Au milieu du mois il y a encore eu quelques jours de canicule et j'ai dû prendre trois douches froides par jour pour tenir le coup.

La situation mondiale continue de se dégrader en même temps que la maison et j'ai eu l'idée, au lieu de la vendre, de la réparer et de la rendre habitable pour la fratrie et famille en cas de besoin et de mettre en culture le terrain afin de produire fruits et légumes. Dernièrement ces denrées flirtaient avec les 5€ le kilo pour des fruits et légumes ordinaires de saison. Tout d'un coup les rasins, même les pommes, sont devenus des denrées de luxe et il n'y a rien à 3€ le kilo sauf des pommes de terre agatha, c'est très inquiétant. Comme l'économie périclite et qu'on entend parler de faillites et de licenciements tous les jours, il est plus que probable que mes neveux et nièces vont se trouver en difficulté tôt ou tard. Je préfère être à ma place qu'à la leur. Déjà quand il y a eu la crise du pétrole en 1973 cela m'avait beaucoup déprimée car il y avait moins de travail d'interim, alors si je devais trouver du travail ou conserver mon emploi par les temps qui courent je me ferais du souci.

Le 20 septembre Hervé Ryssen, le sociologue spécialiste de la question juive, a été incarcéré pour 17 mois pour avoir, dans ses écrit, enfreint la loi Gayssot qui interdit la liberté d'opinion et d'expression quand il s'agit de parler du peuple élu. Pourtant il ne faisait que citer des écrits dont les auteurs étaient des juifs, on ne peut donc pas lui imputer ces textes. Mais alors qu'un aveu isolé au milieu d'un livre ne fait pas de vagues, une compilation où se retrouvent de multiples citations d'auteurs juifs indiquant qu'ils étaient à l'origine de la révolution Bolshevik, de l'assassinat du Tsar Nicolas II, de la police secrète NKVD sous Staline qui torturait et faisait des exécutions sommaires et déportait les dissidents en Sibérie, ainsi que de nombreuses tueries politiques et autres crimes, tout cela ensemble fait mauvaise impression, on se dit en fin de compte que les juifs ne sont pas des personnes qui s'intègrent à la société occidentale, acceptent ses valeurs et poursuivent les mêmes objectifs politiques, économiques et sociaux. On se dit qu'ils sont au milieu de nous intégrés en apparence seulement et qu'ils travaillent sous le manteau à miner notre société pour rendre possible la disparition de la race blanche, de la chrétienté et de la culture occidentale, et la LICRA a attaqué Ryssen en justice.

Mercredi 30: Hier j'ai enfin trouvé la motivation de me servir de ma scie circulaire. Il m'aura fallu un mois pour me remettre de la démolition de la cheminée. C'est une mini-scie portative, pas trop lourde, mais j'avais été inquiétée par tous les avertissements de danger et je ne voulais pas m'en servir sans avoir compris parfaitement son fonctionnement. Je me suis renseignée en ligne pour voir comment la déverrouiller car elle se verrouille automatiquement dès que le moteur s'éteint. Je ne comprenais pas exactement en quoi consistait le verrouillage. En fait, c'est la lame qui se relève (ou plutôt, la semelle qui s'abaisse) de sorte que la lame est complètement enclose dès qu'on n'appuie plus sur le contact. Bon. J'avais prévu de couper dans un certain sens, avec la chute à ma gauche mais c'était le contraire qu'il fallait faire, il fallait que la chute soit à droite parce que la ligne de coupe et la lame sont déportées vers la droite et l'éjection de la sciure est aussi à droite.

Le mode d'emploi ne dit pas tout! Il considère comme allant de soi des détails que les newbies comme moi ignorent totalement. Bref j'ai réussi à faire ma coupe et j'ai continué, je ne pouvais pas m'arrêter en si bon chemin. J'avais prévu d'enlever le revêtement de sol et la couverture sur laquelle il était collé, et en glissant une planchette mince sous la ligne de coupe pour protéger le plancher, j'ai enlevé une certaine surface à gauche de la cheminée et en face de la porte. Autant que j'ai pu en voir, le plancher est en bon état.

Je comprends très bien pourquoi les propriétaires mettent des revêtements de sol en pvc sur leurs planchers: ils ne veulent pas que les locataires les abîment, et comme cela ne coûte pas cher ils peuvent en mettre du neuf à chaque nouveau locataire. Mais ce matériau ne me plait pas du tout même s'il est facile à nettoyer, ce qui n'est pas le cas quand, comme dans l'entrée et la cuisine il y a dessus des pastilles en relief de la taille d'un euro qui accrochent la saleté. J'en avais hyper-marre de voir les salissures de souris, sachant la difficulté que j'aurais à nettoyer, et enlever ce truc orange et voir dessous le beau parquet intact me procure un grand soulagement.


[ACCUEIL] - [SOMMAIRE] - [MES PHOTOS FLICKR] - [CONTACT] - [mois dernier] - [mois suivant]