Journal de la Femme à Abattre



[ACCUEIL] - [SOMMAIRE] - [MES PHOTOS FLICKR] - [CONTACT] - [mois dernier] - [mois suivant]

Paris, mars 2120

Mardi 9: Maintenant le jour se lève à 6H45 et c'est un progrès considérable, j'ai moins de mal à me lever que quand il fait nuit noire. L'hiver se termine sans qu'il ait fait très froid à part quelques jours ici ou là.

Le 3 et le 6 j'ai mis en ligne mon journal et le chapitre 21 et 22 de BNNY2. J'ai augmenté le chapitre 21 en y mettant des liens vers les trois conversations téléphoniques que j'avais eues avec Véronique (2) et Sophie. J'ai dû revoir entièrement le texte de chaque transcription car il y avait des caractères bizarres à la place des caractères spéciaux de la langue française. Le chapitre 22 a été une épreuve très pénible et la fin du chapitre comporte des fautes de frappe et typographiques que je n'ai pas encore corrigées.

J'ai reçu une lettre de Laurent Dejean en réponse à ma lettre à sa sœur dont je lui ai envoyé copie. Il est très touché que je m'occupe de son cas. C'est le désir de justice qui me motive avant tout mais je commence à trouver que cet homme a du mérite et mes efforts en sa faveur ne sont pas vains comme l'étaient ceux que je faisais pour Tracy Beatty qui à ce jour est toujours dans le « couloir de la mort ». Les autorités veulent s'assurer que l'homme qu'elles envoient ad patres est en bonne santé. Pas question d'exécuter un malade, encore moins un mourant! De plus la proximité physique de l'exécution et tout ce qui la précède compromettrait la distanciation qui est de rigueur donc, en raison de l'épidémie, toutes les exécutions sont suspendues. Cela fait seize ans que Tracy est enfermé dans une cellule à peine plus grande qu'un cercueil.

Mais pour en revenir à Dejean, j'ai regardé en replay un reportage sur l'affaire Bouchon. J'étais à l'affut de la moindre insinuation de culpabilité mais j'ai trouvé le reportage dans l'ensemble bien fait et équitable. Les avocats qui représentaient Dejean, Me Debuisson père et fils, l'ont très bien défendu et j'ai eu la bonne surprise que vers la fin du reportage on émette l'hypothèse que l'auteur de crime est l'époux de la victime. On lui a posé la question et il a répondu qu'il était prêt à répondre aux avocats qui viendraient lui poser la question. Cela ressemblait un peu à une menace. En disant « les avocats » il semblait faire semblant de ne pas savoir que moi qui l'accusais publiquement sur mon site internet ne l'étais pas, et il ne pouvait ignorer cette accusation puisque sa fille Carlyne m'avait écrit pour me demander de la supprimer. Par ailleurs on a montré plusieurs fois une photo récente de lui où, le visage sérieux sinon tendu,il regardait l'objectif mais sa tête était tournée de demi-profil, comme s'il avait honte de faire face à la caméra.

Au début du reportage il a parlé de Patricia d'un ton attendri quand il a dit qu'ils s'étaient rencontrés quand il n'avait pas encore dix-huit ans, mais il n'a jamais dit qu'ils s'entendaient bien à l'époque de sa disparition ni qu'ils avaient des projets ensemble, encore moins qu'ils avaient célébré la Saint Valentin. Oui, ils étaient restés mariés quarante ans, mais la durée n'est pas tout. Personellement je comprends qu'il ait pu en avoir assez d'elle, car elle avait la manie de la propreté et elle devait sans doute refuser les rapports sexuels qui sont salissants, et chaque minute de sa vie était encadrée dans un emploi du temps qu'elle suivait strictement. Il a bien dit tout cela alors on comprend qu'il ait pu se sentir coincé dans son mariage. Son motif est tout-à-fait compréhensible, d'autant plus qu'il avait fait la connaissance d'une autre femme qui, elle, était en bonne santé mentale, si on ne tient pas compte du fait qu'elle a participé à l'assassinat de la femme de son chéri.

C'est étrange à quel point la santé mentale tient une place prépondérante dans cette affaire: Dejean lui-même est atteint d'une légère déficience, à moins que ce ne soit le défaut de père qui l'ait fragilisé; la victime était atteinte de troubles obsessifs-compulsifs et le mari et sa maîtresse sont des psychopathes (si mon analyse du crime est correcte).

Mais bon, in fine le reportage a été plutôt favorable à Dejean et je n'ai pas de souci à me faire là-dessus.

J'ai terminé de tricoter les deux tiges d'une paire de chaussettes avec des aiguilles de 2,5mm. Quel boulot!

Mardi 16: Il y a eu un incendie dans l'est de la France qui a endommagé les serveurs de Google. Depuis Google et toutes ses applis fonctionnent au ralenti, c'est très agaçant. Et en plus le clavier sur mon ordi Lenovo a quelques touches qui ne marchent plus, ce qui m'oblige à acquérir un clavier séparé. De plus en plus fréquemment, mais ce n'est pas encore une habitude acquise, au lieu d'aller sur le site d'Amazon dès que j'ai besoin de quelque chose je vais sur Le Bon Coin.

Hier j'ai envoyé une lettre à Dejean où je lui parle du reportage sur l'affaire Bouchon. Réflexion faite ce reportage lui était plutôt favorable non seulement parce que ses avocats l'avaient bien défendu mais encore, parce que le ton général semblait pencher en sa faveur.

Jeudi 18: Hier je suis allée prendre livraison d'un clavier Lenovo acheté sur LBC pour 8€. J'ai pris le tram jusqu'à la Porte de Vincennes, tout s'est bien passé et le clavier fonctionne bien, il a l'air neuf, et il a le toucher IBM que j'aime tant, Lenovo ayant racheté la branche des ordis grand public de IBM.

J'ai regardé sur le site de la Poste si ma lettre était bien arrivée et ce que j'ai vu m'a décontenancée: ma lettre n'a pas été distribuée, elle est retournée à l'envoyeur le lendemain de l'expédition, le 16, et d'après l'info, déposée dans la boite aux lettres de l'expéditeur le même jour. Ce n'est pas possible! Et quand j'ai voulu prendre mon courrier hier, ma BAL était vide. J'ai cherché à comprendre. Je me suis un peu trompée avec le code postal. C'est 31603 pour Muret, près de Toulouse, pas 31600! Alors pour cette erreur on n'a pas pu trouver la prison même avec le n° de la rue?

Les deux pull-overs que j'ai acheté sur LBC me causent des démangeaisons insupportables. Je ne les porterai plus tant que je n'aurai pas trouvé un sous-pull qui fasse barrière aux piquants. Je porte le pull en laine et soie que j'ai tricoté et dont j'ai rallongé les manches récemment.

Le ravalement de la façade est en cours. L'immeuble en avait bien besoin.

Jeudi 25: La lettre suivie à Dejean que je lui avais envoyée le 15 lui a été distribuée le 18. J'ai dû appeler le service courrier de l'établissement carcéral une deuxième fois pour m'en assurer. La femme m'a dit qu'elle avait regardé le suivi sur le site de la Poste et qu'elle avait lu le message qui disait que le pli avait été distribué à l'expéditeur suite à un retour. Elle aussi était étonnée. Elle m'a dit que la Poste fait n'importe quoi parfois. Ma lettre était arrivée le lendemain de mon premier appel.

Hier j'ai envoyé à L. Dejean 2 exemplaires de la Version 3 de mon rapport d'enquête sur l'homicide de Patricia Bouchon. J'ai travaillé sur le texte pendant environ une semaine toute la matinée. J'ai d'abord travaillé sur la substance, et j'ai eu le plaisir d'intégrer plusieurs observations importantes que j'avais communiquées au fur et à mesure dans mes lettres à L. Dejean, puis j'ai travaillé sur le style, et là aussi j'ai eu du plaisir à rechercher la concision et le mot juste, et enfin sur la présentation. Notamment j'ai rajouté une photo de Patricia où on voit qu'elle est très maigre, et réduit la taille d'autres illustrations et le tout tient sur cinq pages pleines, ric-rac.

J'éprouve un sentiment de soulagement car toute cette affaire, même sans que je le fasse volontairement, travaillait en arrière-plan de ma conscience et consommait de l'énergie. J'ai été particulièrement satisfaite de comprendre pourquoi l'occupant de la Clio s'était garé à la sortie d'un tournant en empiétant sur la chaussée: c'était pour détourner l'attention de la joggeuse qui n'était pas qui on croyait, et les enquêteurs ont toujours cru que c'était PB mais ce n'était pas elle, c'était la complice de CB! D'ailleurs, ce n'était la sortie du tournant que dans le sens où arrivait le livreur, ce qui prouve que CB avait repéré le trafic à l'avance.

Je n'aurais jamais pensé en rédigeant la première version de cette enquête qu'elle m'entraînerait aussi loin. Mais entre la condamnation de L. Dejean et aujourd'hui j'ai compris quelques éléments-clés qui ajoutent à la vraisemblance de mon hypothèse et c'est toujours une satisfaction quand le mystère est enfin levé.

En suivant l'affaire dans les medias j'ai vu comment les enquêteurs se font une idée sans preuve et essaient par tous les moyens de justifier leur croyance, de sorte que tout ce qui sort de leur schema, ils ne le comprennent pas et le rejettent, par exemple le fait que L. Dejean ait voulu les aider en suggérant que les galets qui manquaient dans la bordure de l'impasse avaient pu servir à frapper la victime, ou quand il leur a signalé une tache de sang à proximité du lieu où était caché le corps. Comme ils le croyaient coupable ces actes renforçaient leur conviction au lieu d'exonérer leur suspect, car si Dejean avait caché le corps lui-même, aurait-il signalé aux flics qu'il avait vu une tache de sang sur la chaussée à quelques mètres de la cachette? Quand leur idée est arrêtée, même l'évidence d'innocence leur parait suspecte.

La France est engluée dans l'épidémie. Celle-ci n'a pas fait davantage de morts que la grippe hivernale mais il faut un prétexte pour accrocher dessus la situation économique désastreuse. En fait les mesures de fermeture des commerces aggravent encore la situation. Il y avait déjà beaucoup de chômage, la faillite de nombreux commerces en rajoute. C'est une hécatombe, et pas seulement en France.

Il y a partout dans le monde de nombreuses manifestations de protestation contre les atteintes aux libertés. En même temps les pronostics économiques sont extrêmement alarmistes. Comme une vague qui est sur le point de déferler et commence à écumer sur la frange, nous sommes là, à la fraction de seconde avant le grand crash qui va tout emporter. Dans ces circonstances il est difficile de savoir quoi faire. On peut bien faire des provisions d'huile et de sucre, mais cela paraît dérisoire vis-à-vis de la calamité qui nous guette. Ceci dit l'inflation se fait sentir. Les pommes qui étaient à 2,50 il y a deux ans sont maintenant à presque 4€ le kilo, et tout le reste est comme ça.

Par dessus le marché se rajoutent les cafouillages sur la vaccination dans une ambiance délétère où le gouvernement prend des décisions contradictoires d'un jour à l'autre. Les attestations dérogatoires sont un chef d'oeuvre de l'esprit mesquin et pointilleux de l'administration. Cela tient de la torture. Les gens de bonne volonté qui essaient de coopérer de bonne foi ne comprennent pas quelle case ils doivent cocher. Il y a de quoi s'arracher les cheveux de frustration.

Après avoir reçu l'autorisation nécessaire, le vaccin qu'on avait le droit de recevoir était maintenant indisponible. Puis l'autorisation a été suspendue quand des effets secondaires indésirables ont été signalés. Tout est comme ça. Mais le gouvernement n'admet jamais qu'il s'est trompé, il continue de faire comme si tout était sous contrôle, alors que personne ne peut raisonnablement compter sur une réaction sans faute. Mais les précautions qu'impose la sagesse n'ont pas été prises, au contraire, l'Union Européenne a forcé la France à réduire le nombre de lits de réanimation, et c'est la raison principale pour laquelle la prétendue pandémie a entraîné les confinements, car pour éviter que les services hospitaliers ne soient débordés, il fallait réduire le nombre des malades. Mais comme l'ont constaté divers curieux de par le monde qui se sont aventurés dans les hôpitaux pour voir ce qu'il en était vraiment, les hôpitaux étaient déserts de chez désert, encore plus vides qu'à l'accoutumée.

Les gens en ont marre d'être infantilisés, surtout par ce Premier Ministre Castex qui nous parle comme à des demeurés ou des gamins. Il serait temps! Moi dès mon retour en France il y a 18 ans j'ai tout de suite remarqué à quel point on prenait les gens pour de gros bébés, rien qu'à la façon d'employer les mots maman et papa dans le discours ordinaire à la place de mère et père.

Oh! Et puis je me suis pris une deuxième contravention pour non-port du masque.

Le génocide des Ouïghurs perce enfin le mur du silence des médias. On sait que nos jouets électroniques, smartphones etc. sont fabriqués par des esclaves chinois, et qu'en plus le gouv chinois extermine bel et bien les Ouïghurs qu'ils qualifient de terroristes (musulmans pour la plupart), mais on ne veut pas le savoir car alors, comment pourrait-on garder bonne conscience en achetant ces gadgets?

Le mois s'est terminé avec l'enlisement et le blocage du Canal de Suez par un navire de commerce de 400 mètres de long, un des plus grands qui existent, puis sa remise à flot et un soupir de soulagement général car près de 400 vaisseaux étaient bloqués, y compris certains qui transportaient du bétail.

On a été forcé de prendre conscience que tous ces navires de commerce sont pourvus d'équipes de navigation dont la plupart des membres sont eux aussi des esclaves même si le terme n'est pas employé. Ce sont des natifs d'Indonésie, des Philippines, du Sri Lanka et autres nations maritimes, dont les conditions de vie à bord sont très mauvaises et qui sont très mal payés. La mondialisation est donc indissociable de l'esclavage tout au long de la chaîne car on l'observe au stade de la production, du transport, on sait aussi que les travailleurs qui préparent les commandes dans les entrepôts d'Amazon ont des salaires et des conditions de travail du même acabit, quant aux livreurs, travailleurs indépendents pour la plupart, ou auto-entrepreneurs comme on dit de nos jours, ils sont payés à la pièce et doivent travailler de longues heures pour pouvoir survivre.


[ACCUEIL] - [SOMMAIRE] - [MES PHOTOS FLICKR] - [CONTACT] - [mois dernier] - [mois suivant]